Résumé de la décision
La SELARL Pharmacie du Dos d'Ane, exploitant une officine à La Réunion, a demandé l'autorisation de transférer son activité vers un autre emplacement au sein de la même commune. Sa demande a été rejetée par l'Agence Régionale de Santé (ARS) en février 2013, et cette décision a été confirmée par le tribunal administratif de La Réunion en mai 2015. La cour administrative a décidé de rejeter la requête de la SELARL Pharmacie du Dos d'Ane, confirmant que le transfert compromettrait l'approvisionnement de la population résidant dans le quartier d'origine.
Arguments pertinents
1. Conditions de transfert : L'article L. 5125-3 du code de la santé publique stipule que le transfert d'une pharmacie doit répondre à deux conditions fondamentales : d'une part, il doit permettre de répondre aux besoins en médicaments de la population du quartier d'accueil, et d'autre part, il ne doit pas compromettre l'approvisionnement de la population du quartier d'origine.
2. Population desservie : La pharmacie en question est la seule à desservir le quartier "Dos d'Ane", qui comptait en 2010 1 495 habitants. Le transfert aurait nécessité que les habitants parcourent une distance importante pour accéder à la pharmacie la plus proche, compromettant ainsi leur accès aux médicaments. La cour a noté : "le transfert de cette officine dans le quartier du Moulin Joli, éloigné de son quartier d'origine, aurait pour effet de contraindre les habitants du quartier à effectuer plusieurs kilomètres".
3. Inadéquation des arguments de la requérante : Malgré l'absence de cabinet médical dans le quartier du Moulin Joli, la cour a estimé que cela ne suffisait pas à justifier le transfert, les besoins en médicaments des habitants de Dos d'Ane étant primordiaux.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 5125-3 du Code de la santé publique : "Les créations, les transferts et les regroupements d'officines de pharmacie doivent permettre de répondre de façon optimale aux besoins en médicaments de la population résidant dans les quartiers d'accueil de ces officines." Cet article insiste sur l'importance d'évaluer l'impact d'un transfert non seulement sur le quartier d'accueil, mais également sur le quartier d'origine.
2. Volume démographique et seuil requis : Bien que la population d'une zone puisse être inférieure au seuil de 2 500 habitants requis pour l'ouverture d'une nouvelle pharmacie, cela n'exempte pas la nécessité de maintenir l'approvisionnement d'une pharmacie existante. La cour souligne que "la société requérante ne peut utilement faire valoir que cette population est inférieure au seuil de 2 500 habitants".
3. Conséquences de l'approvisionnement : La décision stipule qu'une autorisation de transfert ne peut être accordée si elle compromet l'approvisionnement nécessaire en médicaments. Par conséquent, "en refusant de faire droit à cette demande de transfert, la directrice générale de l'ARS Océan Indien n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées".
La décision de la cour illustre l'importance de la régulation des pharmacies dans les zones où l'accès aux soins et aux médicaments est crucial, surtout dans des zones isolées comme celle du Dos d'Ane.