Résumé de la décision
La société PMI a contesté un jugement du tribunal administratif d'Amiens en date du 27 novembre 2014, demandant l'annulation de ce jugement ainsi que la décharge des impositions contestées. La requête de la société reposait principalement sur la recevabilité de sa réclamation préalable, qu'elle estimait conforme aux délais prévus par les articles L. 187 et R. 196-3 du livre des procédures fiscales. Cependant, le ministre des Finances a conclu à son rejet. Le tribunal a finalement rejeté la demande de la société PMI, considérant que sa réclamation était tardive, en raison de l'expiration des délais de prescription.
Arguments pertinents
1. Le tribunal a souligné que le droit de reprise de l'administration fiscale s'exerce dans des délais précis, notamment jusqu'à la fin de la troisième année suivant l'imposition. Les rappels de taxe notifiés en 2006 et 2007 avaient interrompu le délai de prescription, mais celui-ci avait expiré avant que la société ne présente sa réclamation en janvier 2012. Le tribunal a ainsi précisé :
> "Le délai de réclamation ouvert à la société requérante […] expirait donc […] le 31 décembre 2009 et le 31 décembre 2010."
2. En conséquence, le tribunal a estimé que la réclamation préalable était tardive, entraînant le rejet de la demande de la société.
Interprétations et citations légales
- Code général des impôts - Article L. 169 : Il stipule que le droit de reprise de l'administration en matière d'impôt sur les sociétés s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année suivant l'imposition. Cela souligne que des délais stricts sont appliqués pour la contestation de l'imposition.
- Code général des impôts - Article L. 176 : Ce texte précise que pour les taxes sur le chiffre d'affaires, le droit de reprise s'applique jusqu'à la fin de la troisième année suivant l'exigibilité de la taxe. L'interruption du délai de prescription est ainsi en lien avec ces modalités.
- Code général des impôts - Article L. 187 : Cet article introduit une extension des délais de reprise uniquement en cas d'agissements frauduleux, mais le tribunal a noté l'absence de toute référence à de tels agissements dans le cas de la société PMI, réduisant l'application de cet article.
- Livre des procédures fiscales - Article R. 196-3 : Ce texte accorde au contribuable un délai égal à celui de l'administration pour présenter ses réclamations. Cela signifie que la validité des réclamations dépend également de la diligence de l'administration à notifier les rappels.
La décision du tribunal rappelle l'importance de respecter les délais de prescription en matière fiscale, tant pour les autorités fiscales que pour les contribuables, et illustre l'application stricte des règles de droit en matière de contestation fiscale.