Résumé de la décision
M. B... A..., ressortissant guinéen, a contesté un arrêté de la préfète de la Somme du 30 juin 2020, lui enjoignant de quitter le territoire français, suite au rejet de sa demande d'asile. Il a demandé l'annulation de cet arrêté, soutenant qu'il serait séparé de ses deux enfants, nés en France. La cour administrative d'appel a annulé le jugement du tribunal administratif d'Amiens du 7 septembre 2020 et l'arrêté de la préfète en considérant que l'intérêt supérieur des enfants de M. A... devait être pris en compte, ce qui a conduit à l'annulation des décisions lui imposant une obligation de quitter le territoire. Il a également été ordonné à la préfète de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois.
Arguments pertinents
1. Intérêt supérieur de l'enfant : La cour a principalement fondé sa décision sur le principe de l'intérêt supérieur de l'enfant, inscrit dans la Convention internationale relative aux droits de l'enfant. Il a été établi que l'arrêté de la préfète menait à une séparation des enfants de M. A..., ce qui méconnaissait leurs droits. La cour a ainsi soutenu : "la décision du 30 juin 2020 obligeant M. A... à quitter le territoire français aboutirait à le séparer de ses enfants."
2. Liens familiaux : M. A... a démontré son implication dans l'éducation de ses enfants, ce qui a été essentielles dans le raisonnement de la cour. Il a prouvé sa présence dans des moments cruciaux de la vie de ses enfants, y compris lors de leur hospitalisation et leur inscription à l'école.
3. Enveloppe réglementaire : En s'appuyant sur l'article L. 614-16 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la cour a déterminé que l'annulation de l'obligation de quitter le territoire entraînait automatiquement le droit à une autorisation provisoire de séjour.
Interprétations et citations légales
1. Convention internationale des droits de l'enfant - Article 3 : Cet article stipule que "dans toutes les décisions qui concernent les enfants, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale". La cour a interprété cela comme un impératif pour quiconque prend des décisions ayant un impact sur la vie d'un enfant. L’importance de cet article a été centrale dans le raisonnement de la cour.
2. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 614-16 : Le texte précise que "Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance [...] et l'étranger est muni d'une autorisation provisionnelle de séjour". La cour a conclu que la décision annulée entraînait la suspension de la mesure d'obligation de quitter le territoire, permettant ainsi à M. A... d'obtenir une autorisation provisoire de séjour.
3. Loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 - Article 37 : Ce texte régit les dispositions de l'aide juridictionnelle. La cour a statué que l'État devait verser une somme à l'avocat de M. A..., ce qui démontre la prise en compte des enjeux financiers liés à l'accès à la justice, tout en stipulant que "sous réserve que le conseil de M. A..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat".
Ces éléments montrent comment la combinaison d'arguments basés sur les droits de l'enfant et les connaissances juridiques concernant les droits des étrangers a conduit à une décision favorable pour M. A... dans ce cas.