Résumé de la décision
Dans cette affaire, l'Université scientifique et médicale Louis Pasteur (USMLP) et l'École de médecine Louis Pasteur ont contesté la décision du président de l'Université de Lille II, prise le 18 septembre 2012, qui mettait fin à un contrat de partenariat universitaire, arguant que les institutions mauriciennes ne remplissaient pas les critères d'une université. Leur recours devant le tribunal administratif de Lille a été rejeté par un jugement du 21 juin 2016. En appel, les requérantes sollicitent l'annulation de cette décision et demandent une indemnisation pour le préjudice subi. La cour a confirmé le jugement du tribunal administratif, rejetant les demandes des requérantes pour absence de fondement.
Arguments pertinents
1. Non-renouvellement, pas résiliation : La cour a statué que la décision du président de l'Université de Lille II ne constituait pas une résiliation unilatérale du contrat, mais plutôt un non-renouvellement, considérant le timing de la décision par rapport à l'expiration du contrat. La cour déclare : « cette décision doit être regardée non comme une résiliation unilatérale en cours de contrat, mais comme une décision de non-renouvellement de ce contrat ».
2. Absence de diplômes reconnus : L'argument central du Président de l'Université, à savoir que les établissements mauriciens ne délivraient pas de diplômes comparables à ceux d'une université, a été jugé légitime. La cour a noté que l'accréditation des programmes a été annulée et que les gradués n'étaient pas en mesure d’accéder à des formations de troisième cycle : « il ne résulte pas de l'instruction que les étudiants diplômés par les deux établissements requérants pouvaient accéder à un troisième cycle ».
3. Conclusion sur les demandes indemnitaires : La cour a également rejeté les demandes de réparation au motif que celles-ci n'avaient pas été précédées d'une présentation de réclamation préalable. En conséquence, la cour mentionne : « ces conclusions indemnitaires ne peuvent qu'être rejetées ».
Interprétations et citations légales
1. Refus d’accréditation et validité des diplômes : La légalité de la décision de l'Université de Lille II repose sur la constatation que la formation dispensée par l'USMLP et l'École de médecine Louis Pasteur ne répondait pas à des normes acceptées pour l'accréditation universitaire. Cette interprétation s’appuie sur la législation relative à l'enseignement supérieur, en particulier sur le fait que les établissements doivent délivrer des diplômes dont les qualifications sont reconnues.
2. Article 7 du contrat : La cour cite l’article 7 du contrat pour définir les modalités de résiliation, affirmant que cette dernière doit respecter un préavis de dix-huit mois. La cour conclut que « la méconnaissance du délai de préavis de dix-huit mois [...] est sans incidence sur la légalité de la décision contestée », impliquant que même en cas de préavis, les raisons de non-renouvellement étaient suffisantes pour justifier la décision.
3. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : La cour a statué que les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative étaient sans fondement, ce qui a conduit à la condamnation des requérantes à verser des frais à l'Université de Lille II. Cette référence confirme le principe selon lequel la partie perdante doit assumer les frais engagés par la partie gagnante dans le cadre d'un litige administratif.
En somme, la décision de la cour repose sur une évaluation rigoureuse des circonstances entourant le non-renouvellement du contrat ainsi que sur une interprétation stricte des stipulations contractuelles et des normes d’accréditation.