Résumé de la décision
L'EURL M2I Fayard a contesté un jugement du tribunal administratif de Lyon daté du 17 novembre 2016 qui avait rejeté sa demande de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés liées à des dons effectués à l'association K-RO Formula. L'EURL M2I Fayard soutenait que cette association, dédiée à la promotion du sport automobile féminin, avait un caractère d'intérêt général et que les dons effectués étaient déductibles d'impôt. La cour a annulé le jugement du tribunal administratif en considérant que l'association poursuivait un but d'intérêt général et qu'il n'y avait pas de contrepartie significative au don. Les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés ont été réduites en conséquence.
Arguments pertinents
1. Caractère d'intérêt général de l'association : La cour a statué que l'administration n'a pas établi que l'association K-RO Formula opérait pour un cercle restreint, rejetant l'argument que la nature des bénéficiaires (femmes dans un sport spécifique) la rendait non éligible au statut d'organisme d'intérêt général. La cour a ainsi noté que « l'association […] ne peut être regardée comme s'adressant à un cercle restreint de bénéficiaires aux seuls motifs qu'elle s'adresse exclusivement aux femmes et qu'elle concerne un sport déterminé ».
2. Absence de contrepartie valable au don : Bien que l'administration ait souligné que la société requérante avait bénéficié d'une visibilité médiatique, la cour a statué que, conformément aux dispositions de l'article 238 bis du code général des impôts, cela ne fait pas obstacle à la déductibilité des dons. Il a été décrété que « le nom de l'entreprise versante peut être associé aux opérations réalisées par les organismes bénéficiaires des dons ».
Interprétations et citations légales
1. Article 238 bis du Code général des impôts : Cet article stipule que les versements effectués par des entreprises au profit d'organismes d'intérêt général (sportifs inclus) ouvrent droit à une réduction d’impôt. La compréhension de ce texte est centrale pour déterminer le statut de l'association. Selon le texte, "Ouvrent droit à une réduction d'impôt égale à 60 % de leur montant les versements, pris dans la limite de 5 pour mille du chiffre d’affaires, effectués par les entreprises… au profit […] d'oeuvres ou d'organismes d'intérêt général ayant un caractère […] sportif".
2. Interprétation des critères d'intérêt général : La cour a souligné que l'administration a échoué à démontrer que l'association K-RO Formula ne poursuivait pas un but d'intérêt général. La juridiction a statué que la limitation à un certain sexe ou sport n'annule pas le caractère général de l'intérêt poursuivi. Ainsi, la position de l'administration selon laquelle l'association aurait restreint l'accès basée sur d'autres critères n'a pas été prouvée.
3. Effets de la visibilité médiatique : Le principe selon lequel l'association pourrait avoir apporté une visibilité à l'EURL M2I Fayard a été écarté. La cour a affirmé que "la circonstance que l'EURL M2I Fayard ait bénéficié d'une couverture médiatique […] ne fait pas obstacle au bénéfice de la réduction d'impôt", ce qui renforce l’idée que la parité entre le don et la contrepartie n’est pas systématiquement invalidée par la notoriété.
Conclusion
La décision de la cour souligne l'importance de l'interprétation élargie des critères d'un organisme d'intérêt général et de la déductibilité des dons. Elle établit un précédent quant à l'association d'avantages médiatiques aux opérations des organismes bénéficiaires sans compromettre leur éligibilité à des réductions fiscales.