Résumé de la décision :
Dans cette affaire, Mme B..., adjointe administrative territoriale de 2ème classe à la commune de La Garde, a fait appel d'un jugement du tribunal administratif de Toulon qui avait rejeté sa demande d'annulation de la décision du maire, datant du 28 juillet 2015, lui refusant le bénéfice de la protection fonctionnelle. Mme B... a avancé que cette décision était tardive et entachée d'un vice de procédure, et que le tribunal avait commis une erreur de droit en ne reconnaissant pas le harcèlement moral qu'elle avait signalé. La Cour a jugé la requête d'appelsans fondement et a donc rejeté la demande.
Arguments pertinents :
1. Sur la tardiveté et le vice de procédure :
- La Cour a déclaré que les moyens de légalité externe, invoqués par Mme B..., étaient nouveaux en appel et n’avaient pas été soulevés lors de la première instance. Par conséquent, ces arguments ont été déclarés irrecevables.
- En ce qui concerne la timeline, bien que la décision ait été prise plus d'un an après la demande, la Cour a noté que l'appelante avait été en communication avec la commune, ce qui lui avait permis de faire valoir ses observations.
2. Sur l'erreur de droit liée aux critères de protection fonctionnelle :
- La Cour a statué que les premiers juges avaient appliqué correctement les critères de l'article 11 de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 concernant la protection fonctionnelle. Les faits invoqués par Mme B... n'étaient pas suffisants pour établir un harcèlement moral.
- "Les faits invoqués par l'appelante ne sont pas de nature à faire présumer un comportement des agents de la commune de La Garde excédant les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique et qui seraient révélateurs d'un harcèlement moral."
Interprétations et citations légales :
1. Loi n°83-634 du 13 juillet 1983 - Article 11 :
- Cet article régit l'octroi de la protection fonctionnelle aux fonctionnaires. La Cour a interprété que pour qu'une protection fonctionnelle soit accordée, les faits allégués doivent dépasser le cadre normal de l’exercice hiérarchique et prouver un harcèlement moral, ce qui n'était pas le cas ici.
2. Code des relations entre le public et l'administration :
- Les articles L. 121-1 et L. 211-2 stipulent que toute décision administrative doit respecter le principe du contradictoire. La Cour a conclu que, malgré le retard dans la réponse, Mme B... avait eu l'occasion de s'exprimer à travers plusieurs échanges avec l'administration, ce qui a permis de considérer que ces exigences avaient été respectées.
3. Code de justice administrative - Article R. 222-1 :
- Ce dernier alinéa stipule que la Cour peut déclarer une requête manifestement dépourvue de fondement. La Cour a appliqué cette disposition pour rejeter l'appel de Mme B..., notant ainsi le caractère infondé des arguments présentés.
La décision de la Cour de rejeter la requête d'appel de Mme B... repose sur une interprétation stricte des critères définis par la loi pour l'octroi de la protection fonctionnelle et une validation du respect du processus administratif.