Résumé de la décision
La Cour administrative d’appel de Marseille a examiné la requête de Mme G... C... et de M. E... F..., qui contestaient le jugement du tribunal administratif de Montpellier du 29 mars 2021. Dans ce jugement, le CHI du bassin de Thau avait été condamné à verser des indemnités à la suite de la tentative de suicide de Mme D... B..., qui a entraîné une anoxie cérébrale. Les requérants demandaient une réévaluation substantielle des indemnités initialement octroyées. La cour a rejeté leur requête, considérant que les indemnisations accordées étaient conformes aux pratiques jurisprudentielles et qu'aucun élément ne prouvait que l’appréciation des préjudices par le tribunal administratif était manifestement erronée.
Arguments pertinents
1. Recevabilité de la demande :
Mme C... n'était pas recevable à demander, pour la première fois en appel, une indemnité au titre des pertes de revenus de Mme B..., ne justifiant aucune nouvelle circonstance justifiant cette réclamation. Selon la cour, la recevabilité d'une demande en appel suppose qu'elle ait été précédemment soumise en première instance, sauf à prouver une raison valable d'absence.
2. Évaluation des préjudices :
Mme C... a tenté d'augmenter l'indemnité relative au déficit fonctionnel permanent de Mme B... à 500 000 euros en se référant à un précédent arrêt. Toutefois, la cour a estimé que ce précédent ne pouvait pas être appliqué, car il concernait une situation différente (un accident périnatal) et impliquait une victime adulte dans un état pathologique distinct au moment des faits.
3. Conformité aux normes jurisprudencielles :
La Cour a conclu que le montant des indemnités accordées par le tribunal administratif était adéquate et conforme aux usages juridiques. Aucune preuve n’a été apportée pour suggérer une évaluation manifestement erronée des préjudices par le tribunal. De plus, le taux de perte de chance retenu (60 %) par le tribunal n’a pas été contesté par les appelants.
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article R. 222-1 :
Cet article permet aux présidents des cours administratives d’appel de rejeter des conclusions à fin de sursis lorsque celles-ci sont manifestement dépourvues de fondement. La cour a appliqué cette disposition pour justifier le rejet de la requête de Mme C... et M. F..., considérant que leur demande était manifestement infondée.
2. Jurisprudence et appréciation des préjudices :
La décision souligne que les dommages et intérêts doivent être évalués selon des critères établis par la jurisprudence. La cour a noté que la situation de la victime et les circonstances entourant l'accident sont cruciales pour déterminer le montant de l'indemnisation, refusant d'appliquer aveuglément des montants d'autres cas, ce qui démontre l'importance d'une analyse rigoureuse des faits de chaque dossier.
En conclusion, la cour a confirmé que l'évaluation faite par le tribunal administratif était en adéquation avec les principes juridiques établis et que la nécessité d’un examen minutieux et circonstancié est primordiale dans les affaires d’indemnisation en matière de responsabilité hospitalière.