Résumé de la décision
Le tribunal administratif de Marseille a rejeté, par un jugement n° 2003523, 2004771 du 24 juin 2021, les demandes de M. B... visant à annuler une décision du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 11 mai 2020, qui avait explicitement rejeté la demande de regroupement familial de son épouse. En appel, M. B... a contesté cette décision en soutenant plusieurs irrégularités, notamment une insuffisante motivation de la décision, une méconnaissance des dispositions légales et des droits de l'homme, ainsi qu'une non-conformité aux objectifs des directives européennes. Cependant, la Cour a jugé la requête de M. B... comme manifestement dépourvue de fondement et a rejeté toutes ses conclusions.
Arguments pertinents
1. Insuffisance de motivation : Le tribunal a affirmé que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation devait être écarté, précisant que M. B... n’a pas contesté le bien-fondé des motifs retenus par les premiers juges. Cela indique que la charge de la preuve et la nécessité de fournir des arguments substantiels incombent au requérant.
2. Non-conformité à l’article L. 411-6 : Le tribunal a reconnu que le préfet avait utilisé à bon escient l’article L. 411-6 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, en tenant compte des précédentes décisions de refus de titre de séjour subies par l’épouse de M. B.... Cette décision souligne la légitimité du préfet à fonder sa décision sur l’irrégularité de la présence de Mme B... sur le territoire.
3. Violation de la convention européenne : Le moyen relatif à la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme a également été écarté. Le tribunal a souligné que l'ancienneté du séjour de Mme B... n'était pas établie de manière probante, indiquant que des attestations non corroborées ne suffisent pas à établir une situation conforme aux droits revendiqués.
Interprétations et citations légales
1. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 411-6 : Cet article stipule que le préfet peut refuser un titre de séjour lorsque l’étranger ne satisfait pas aux conditions légales. Le tribunal a utilisé cet article pour justifier la décision du préfet, car Mme B... avait déjà fait l’objet de refus antérieurs.
2. Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme - Article 8 : Cet article garantit le droit au respect de la vie privée et familiale. Le tribunal a établi que les preuves présentées par M. B... n’étaient pas suffisantes pour démontrer une ingérence disproportionnée dans ce droit.
3. Directive 2003/86/CE du Conseil du 22 septembre 2003 : Cette directive établit le droit au regroupement familial. Le tribunal a noté que les moyens tirés de la violation de cette directive devaient être écartés car les critères d'application n'étaient pas satisfaits dans le cas de Mme B....
Le tribunal a donc conclu que la requête de M. B... était manifestement infondée, rendant ainsi le rejet des demandes en appel non contestable par l'ordonnance en date du 15 décembre 2021.