Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. C... B..., ressortissant afghan, a saisi la Cour administrative d'appel de Marseille par une requête enregistrée le 20 avril 2018, demandant le sursis à exécution d'un jugement du tribunal administratif de Marseille du 23 mars 2018, qui avait rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté préfectoral de transfert vers la Bulgarie. M. B... soutenait que cette décision pouvait entraîner des conséquences difficilement réparables, impliquant des risques durant son transfert et une absence de garantie quant à l'examen de sa demande d'asile en Bulgarie. La Cour a rejeté la requête, considérant que M. B... n'avait pas satisfait aux conditions nécessaires pour ordonner un sursis.
Arguments pertinents
1. Absence de conséquences difficilement réparables :
- M. B... alléguait que l'exécution du jugement entraînerait des conséquences irréparables en raison de son transfert imminent en Bulgarie. Cependant, la Cour a souligné que la simple possibilité de transfert ne saurait en soi constituer une conséquence difficilement réparable. Elle a affirmé : « la circonstance que l'exécution du jugement de première instance rend possible l'exécution de cette mesure ne saurait, à elle seule, être considérée comme une conséquence difficilement réparable ».
2. Absence de garanties pour l'examen de la demande d'asile :
- Bien que M. B... ait fait état de la situation des migrants en Bulgarie, la Cour a noté qu'il ne démontrait pas, par des éléments précis, que son traitement en Bulgarie serait contraire aux droits fondamentaux. En effet, la Cour a précisé qu'il ne pouvait se borner à « se prévaloir, de manière non circonstanciée, de la situation générale des migrants dans ce pays ».
3. Risques liés au retour en Afghanistan non pertinents :
- La Cour a également rejeté les arguments relatifs aux risques que M. B... courrait en retour en Afghanistan, précisant que l'arrêté préfectoral ne prononçait pas son éloignement vers ce pays. La Cour écrit que « l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône n'ayant pas pour effet de prononcer son éloignement à destination du pays dont il a la nationalité ».
Interprétations et citations légales
1. Conditions pour ordonner un sursis (Code de justice administrative - Article R. 811-17) :
- Cet article stipule que le sursis à exécution ne peut être ordonné que si deux conditions sont cumulativement remplies : “l'exécution de la décision de première instance attaquée risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens énoncés dans la requête paraissent sérieux en l'état de l'instruction.”
- La décision a clairement indiqué que l'une de ces conditions n'était pas remplie, affirmant que M. B... n'apportait pas de preuves concrètes sur les dangers auxquels il serait confronté en Bulgarie.
2. Absence de preuves sur les conditions d'asile (Code de justice administrative - Article R. 811-14) :
- Cette disposition précise que le recours en appel n'a pas d'effet suspensif, sauf si ordonné par le juge d'appel. Le magistrat a noté que M. B... ne démontrait pas, par des éléments probants, en quoi la situation d'asile en Bulgarie serait préoccupante, contrevenant ainsi aux exigences de protections internationales.
3. Position internationale sur les droits des migrants :
- La Cour a aussi fait référence à la nécessité d'un examen conforme aux garanties exigées par le droit d'asile, en précisant que M. B... ne justifiait pas la non-conformité des conditions d'asile en Bulgarie par des éléments sérieux, ce qui pourrait le préserver d’un transfert.
Ainsi, la Cour a relaxé la demande de M. B..., en se basant sur une analyse soigneuse des conditions requises pour le sursis à exécution et sur l'absence de preuves substantielles concernant les risques encourus.