Résumé de la décision
M. B..., de nationalité marocaine, a interjeté appel d'un jugement du tribunal administratif de Marseille qui avait rejeté sa demande visant à annuler un arrêté préfectoral du 17 décembre 2015. Cet arrêté refusait de lui délivrer un titre de séjour et lui imposait une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. M. B... soutenait que ce refus portait atteinte à son droit à une vie privée et familiale, ainsi qu'à son intégration dans la société française. La Cour administrative d'appel a confirmé la décision du tribunal, considérant que M. B... n'établissait pas une présence habituelle en France et ne justifiait pas d'une intégration suffisante dans la société française.
Arguments pertinents
1. Absence de preuve de présence habituelle: M. B... n'a pas réussi à prouver qu'il était en France de façon habituelle depuis 2002. Les documents fournis n'étayaient qu'une présence ponctuelle liée à un travail saisonnier.
Citation pertinente: "M. B... n'établit [...] être présent en France de façon habituelle depuis 2002."
2. Antécédents judiciaires: Il a été condamné en 1998 à plusieurs années d'emprisonnement pour infraction à la législation sur les stupéfiants, ce qui questionne son intégration au sein de la société française.
Citation pertinente: "L'intéressé a été condamné le 15 septembre 1998 par la cour d'appel de Nîmes à six années et six mois d'emprisonnement pour infraction à la législation sur les stupéfiants."
3. Liens familiaux: M. B... n'a pas indiqué avoir de charges familiales en France et des liens existent toujours dans son pays d'origine, où résident sa mère, son épouse et ses enfants.
Citation pertinente: "M. B... n'indique pas être chargé de famille en France et n'est pas dépourvu de tout lien dans son pays d'origine."
4. Conformité avec le droit: La Cour a jugé que le refus de séjour ne méconnaissait pas les dispositions du Code de l'entrée et du séjour des étrangers, ni les droits garantis par la convention européenne des droits de l'homme.
Citation pertinente: "Le refus de séjour [...] ne méconnaît ni les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 [...] ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme."
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie principalement sur deux textes législatifs :
1. Article L. 313-11 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: Ce texte précise les conditions dans lesquelles un étranger peut obtenir un titre de séjour temporaire sur la base de ses liens familiaux. En l'espèce, la Cour a déterminé que le refus de séjour était justifié puisque M. B... ne démontrait pas d'attaches solides en France.
Citation légale: "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention » vie privée et familiale » est délivrée de plein droit [...] dont les liens personnels et familiaux en France[...] sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée."
2. Article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales: Cet article protège le droit à la vie privée et familiale. La Cour a examiné si le refus de séjour constituait une ingérence disproportionnée dans ce droit, concluant que ce n'était pas le cas vu la situation personnelle de M. B....
Citation légale: "Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale [...] Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit [...]."
En conclusion, la Cour a rejeté la requête de M. B..., considérant qu'il ne respectait pas les critères d'intégration et de présence en France stipulés par le droit français et européen.