Résumé de la décision :
Par un arrêt du 27 avril 2017, la Cour administrative d'appel de Marseille a rejeté la requête de M. C..., de nationalité algérienne, qui contestait le jugement du tribunal administratif de Marseille du 29 mars 2016. Ce jugement avait confirmé l'arrêté d'expulsion notifié à M. C... le 7 avril 2014 par le préfet des Bouches-du-Rhône. La Cour a considéré que l'arrêté était légalement fondé sur une menace grave pour l'ordre public, tenant compte des multiples condamnations pénales de M. C... ainsi que de son absence de volonté de réinsertion.
Arguments pertinents :
1. Incompétence de l'auteur de l'acte : M. C... soutenait que l'arrêté d'expulsion avait été pris par une personne incompétente. La Cour a écarté cet argument, affirmant que la sous-préfète, qui avait signé l'arrêté, disposait d'une délégation du préfet pour agir en cas d'urgence. La Cour a estimé que la situation de M. C..., en raison de sa sortie imminente de prison, justifiait cette démarche d'urgence.
2. Erronée appréciation de la présence en France : M. C... plaidait que l'arrêté était fondé uniquement sur ses condamnations pénales. La Cour a répondu que le préfet avait également pris en compte le manque d'implication de M. C... dans un projet de réinsertion, ainsi que les avis émis par des commissions compétentes, rendant l'expulsion proportionnée par rapport au risque qu'il représentait pour l'ordre public.
3. Atteinte à la vie privée et familiale : L'argument selon lequel l'arrêté méconnaissait son droit au respect de sa vie privée et familiale (article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme) a également été débouté. La Cour a estimé que l'ingérence dans le droit de M. C... n'était pas disproportionnée, car il ne vivait pas avec ses enfants et avait des liens familiaux restreints en France.
Interprétations et citations légales :
- Compétence de l'autorité administrative : La Cour se réfère à l'article L. 521-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui stipule : "l'expulsion peut être prononcée si la présence en France d'un étranger constitue une menace grave pour l'ordre public." La signature d'un acte d'expulsion par une sous-préfète, via délégation, est donc légitime en cas d'urgence, justifiant la décision d'expulsion.
- Évaluation des risques : L'article R. 522-1 du même code précise que "l'autorité administrative compétente pour prononcer l'expulsion d'un étranger en application de l'article L. 521-1 (...) est le préfet de département." En s'appuyant sur des éléments factuels (nombre et nature des infractions), la Cour a validé la décision d'expulsion du préfet, démontrant que l'évaluation de la menace à l'ordre public ne se limite pas aux seules condamnations pénales.
- Respect de la vie privée et familiale : En référence à l’article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, la Cour a interprété que l'ingérence dans le droit à la vie privée est justifiée lorsque celle-ci est nécessaire à la protection de l'ordre public. La Cour a noté que dans le cas de M. C..., "l'arrêté d'expulsion n'a pas porté au droit de M. C... à sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée."
En résumé, la Cour a soigneusement appliqué les principes juridiques pertinents tout en tenant compte des faits spécifiques du cas, validant l'expulsion de M. C... sur la base de la menace qu'il représentait pour l'ordre public et l'absence de volonté de réinsertion.