Résumé de la décision :
La Cour a été saisie par le ministre de l'action et des comptes publics d'une demande de sursis à l'exécution du jugement n° 1702684 du 18 novembre 2019, rendu par le tribunal administratif de Toulon, qui avait accordé à la SARL Mai Mai une réduction de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) d'un montant de 29 499 euros. Le ministre a soutenu que la SARL avait cessé son activité et que l'exécution immédiate du jugement risquait d’exposer l'État à une perte définitive d'une somme qui ne devrait pas lui incomber. La Cour a décidé d'ordonner le sursis à l'exécution du jugement du tribunal, considérant que les conditions de l'article R. 811-16 du code de justice administrative étaient réunies.Arguments pertinents :
1. Cessation d'activité de la SARL Mai Mai : La SARL a été dissoute et ses opérations liquidées le 17 janvier 2019, ce qui impacte directement la capacité à récupérer la taxe en cas de succès de l'appel du ministre. La Cour a relevé que l'exécution immédiate du jugement "exposerait l'État à la perte définitive d'une somme qui ne devrait pas rester à sa charge".2. Application de l'article R. 811-16 du code de justice administrative : La Cour a interprété cet article comme une protection pour l'État, permettant le sursis à l'exécution si les conditions d'exposition à une perte définitive étaient réunies. En conséquence, il a été statué que "jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la requête du ministre... il sera sursis à l'exécution du jugement".
Interprétations et citations légales :
- Article R. 811-16 du code de justice administrative : "Lorsqu'il est fait appel par une personne autre que le demandeur en première instance, la juridiction peut, à la demande de l'appelant, ordonner... qu'il soit sursis à l'exécution du jugement déféré si cette exécution risque d'exposer l'appelant à la perte définitive d'une somme qui ne devrait pas rester à sa charge dans le cas où ses conclusions d'appel seraient accueillies."Cette disposition a été interprétée dans le contexte où l'État, en tant qu'appelant, pourrait faire face à une perte qui serait irrécupérable si le jugement de première instance était exécuté avant la décision sur son appel.
- Cessation d'activité et liquidations : La Cour a noté que "la SARL Mai Mai a été radiée du registre du commerce et des sociétés", soulignant que l’absence de ressources pour récupérer une somme due à l’État renforce l'argument en faveur du sursis. Cela implique que, sans existence légale, la SARL ne pourrait pas assumer ou contester les obligations financières issues du jugement.
Cette décision illustre comment le cadre juridique encadre les appels en matière fiscale et les limites de récupération des sommes le cas échéant. La protection des intérêts de l'État face à une situation insolvable a été un point central de la décision.