Résumé de la décision
La décision concerne une requête de M. A... et du Groupement des armateurs côtiers de Marseille (GACM) contre un jugement du tribunal administratif de Marseille, daté du 9 février 2016, qui avait rejeté leur demande d'annulation d'une décision du ministre de la justice visant à refuser la réparation des préjudices subis suite à la saisie et la vente de plusieurs navires à un prix inférieur à leur valeur marchande. La cour a confirmé que la juridiction administrative n'était pas compétente pour connaître du litige, car les actes en question étaient liés à une procédure judiciaire et relèvent de la compétence de l'autorité judiciaire. En conséquence, la requête a été rejetée.
Arguments pertinents
1. Compétence juridictionnelle : La Cour a établi que les actes relatifs à la saisie et à la vente des navires découlaient d'une procédure pénale. Cela signifie que la réparation des préjudices doit être traitée par la juridiction judiciaire, et non administrative. La décision précise que "les actes intervenus au cours d'une procédure judiciaire ou se rattachant directement à celle-ci ne peuvent être appréciés soit en eux-mêmes soit dans leurs conséquences que par l'autorité judiciaire".
2. Indemnisation et service public : La nature des préjudices, liés à une procédure pénale, a été qualifiée de non détachable de la fonction juridictionnelle, ce qui mène à la conclusion que la demande d'indemnisation ne relève pas du service public de la justice, mais de la fonction juridictionnelle.
3. Frais d'instance : La demande de mise à la charge de l’État des frais d’instance a été également rejetée, car selon l'article L. 761-1 du code de justice administrative, les frais exposés ne peuvent pas être pris en charge par l'État si celui-ci n'est pas la partie perdante dans le litige.
Interprétations et citations légales
1. Code de procédure pénale - Article 40 : Cet article stipule que "les fonctionnaires et agents publics qui, dans l'exercice de leurs fonctions, ont connaissance de crimes ou délits, les dénoncent au procureur de la République". Dans cette affaire, l'action du chef des services fiscaux a été déterminante pour la suite du procès, rendant ainsi les actes de saisie et de vente directement liés à la procédure pénale.
2. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article dispose que "la partie perdante peut être condamnée à payer à l'autre partie une somme au titre des frais exposés, non compris dans les dépens". En vertu de cette disposition, la Cour a jugé que l’État, n’étant pas la partie perdante, ne devait pas prendre en charge les frais avancés par M. A... et le GACM.
En somme, la Cour a confirmé la non-compétence de la juridiction administrative pour traiter ce litige fondé sur des actes soudés à une procédure pénale, marquant une distinction claire entre les compétences judiciaires et administratives.