Résumé de la décision
M. B... a demandé l'annulation d'une ordonnance rendue par la Cour administrative d'appel de Montpellier, qui avait constaté son désistement de la requête initialement enregistrée pour contester un jugement du tribunal administratif de Montpellier. Par une nouvelle requête enregistrée le 6 juin 2016, M. B... a sollicité la rectification de cette ordonnance pour erreur matérielle, arguant que sa requête était conforme aux exigences légales et que le refus de la Cour d'examiner son dossier résultait d'une interprétation erronée. La Cour a rejeté sa demande, considérant qu'aucune erreur matérielle n'avait été commise et que les motifs de désistement invoqués relevaient d'une appréciation juridique, non d'une rectification possible sous l'articulation des textes applicables.
Arguments pertinents
1. Erreur matérielle non démontrée : La Cour a statué que "l'inexacte interprétation d'une requête ne peut être regardée comme constituant par elle-même une erreur matérielle". Cela signifie que toute erreur d'interprétation des faits ou des documents soumis aux juges doit être considérée dans le cadre d'une appréciation juridique, qui n'est pas susceptible de rectification pour erreur matérielle.
2. Appréciation juridique versus erreur matérielle : La Cour a précisé que le recours en rectification d'erreur matérielle est ouvert uniquement pour corriger des erreurs de fait qui sont indépendantes des parties et qui influencent la décision. En l'espèce, l'ordonnance initiale était fondée sur l'interprétation des règles de droit applicables (article R. 612-5 du code de justice administrative) et ne comportait pas d'erreur matérielle factuelle.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 833-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que le recours en rectification d'erreur matérielle est accessible pour corriger des erreurs pouvant avoir influencé la décision. La Cour a précisé que "le recours en rectification d'erreur matérielle n'est ainsi ouvert qu'en vue de corriger des erreurs de caractère matériel qui ne sont pas imputables aux parties et qui ont pu avoir une influence sur le sens de la décision", affirmant que l'erreur d'interprétation dans ce contexte ne se classe pas parmi ces erreurs.
2. Article R. 612-5 du code de justice administrative : Ce texte précise les conditions sous lesquelles un demandeur peut être réputé s'être désisté en raison de son inaction après une mise en demeure. La Cour a mentionné que, "si le demandeur, malgré la mise en demeure qui lui a été adressée, n'a pas produit le mémoire complémentaire, il est réputé s'être désisté". Cela établit un cadre rigide pour la gestion des procédures administratives et indique clairement que l'absence de réponse en temps utile, même si elle est contestée, conduit à une présomption de désistement.
En somme, cette décision illustre les principes régissant les recours en rectification dans le cadre du contentieux administratif, en mettant en exergue la distinction entre erreur matérielle et appréciation juridique, ainsi que les implications de l'article R. 612-5 relatif aux obligations des parties dans l'instance.