Résumé de la décision
Dans cette décision, la Cour administrative d'appel de Marseille a examiné deux requêtes déposées par Mme A..., ressortissante algérienne, contre un jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté sa demande d'annulation de décisions préfectorales de refus de séjour et d'éloignement. Mme A... a également demandé un sursis à l'exécution de ce jugement. La Cour a conclu que le refus de séjour par le préfet des Bouches-du-Rhône était conforme aux règles légales et n'avait pas porté atteinte de manière disproportionnée à sa vie privée et familiale. En conséquence, la requête n° 18MA00358 a été rejetée, tandis que la requête n° 18MA00359 a été déclarée sans objet.
Arguments pertinents
1. Aucune attache familiale déterminante en France : La Cour a noté que Mme A..., bien qu’ayant des fils en France, avait des attaches familiales significatives en Algérie, où vivent son époux et plusieurs de ses enfants. Ce point souligne l'évaluation des liens entre une personne et son pays d'origine, déterminante dans les décisions de séjour.
> « ...elle n'est pas dépourvue de toute attache familiale dans son pays d'origine, où résident son époux et cinq de ses enfants. »
2. Absence de justification d'insertion professionnelle : Mme A... n’a pas fourni de preuves d'une activité professionnelle ou de ressources financières, ce qui a également joué un rôle crucial dans la décision de refus.
> « ...ne justifiant ni d'une activité professionnelle, ni même d'une source de revenus. »
3. Évaluation de la situation médicale : La Cour a écarté l’argument selon lequel les problèmes de santé de Mme A... nécessitaient sa présence en France, n’étant pas en mesure de prouver que les soins ne pouvaient être dispensés en Algérie.
> « ...elle ne soutient pas que les pathologies diverses... justifieraient la présence de son fils à ses côtés ou que les soins necessaires ne pourraient être dispensés en Algérie. »
Interprétations et citations légales
1. Accord franco-algérien : La Cour s’est référée à l’article 6 de l'accord franco-algérien, illustrant que le droit à un titre de séjour peut être influencé par des considérations d'attaches familiales et professionnelles.
> « ...le préfet des Bouches-du-Rhône n'a donc pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée... »
2. Convention européenne des droits de l'homme : La Cour a également fait référence à l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, qui protège respectivement le droit au respect de la vie privée et familiale.
> « ...les moyens selon lesquels la décision portant refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire méconnaissent les stipulations de l'article 8... doivent être écartés. »
3. Code de justice administrative : Les décisions relatives aux frais d’avocat et la gestion des procédures d’aide juridictionnelle sont régies par le Code de justice administrative - Article L. 761-1, indiquant le cadre financier auquel les parties ont droit en fonction des issues des procédures.
> « ...ces conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1... doivent être rejetées. »
En somme, la décision se base sur une évaluation rigoureuse des liens familiaux et des conditions d'insertion professionnelle, tout en respectant les cadres juridiques établis, que ce soit au niveau national ou international. La Cour a clairement établi que le refus de séjour était justifié, tenant compte des circonstances personnelles de Mme A... et des normes légales en vigueur.