Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. B... a contesté le jugement du tribunal administratif de Strasbourg, qui avait rejeté sa demande d'indemnisation de 135 750 euros en raison du classement de sa parcelle cadastrée section 2 n° 152 en zone ND, entravant ainsi son projet de construction. M. B... a soulevé plusieurs motifs, notamment l'irrégularité du jugement pour absence de signatures et l'erreur manifeste d’appréciation concernant le zonage de sa parcelle. La cour a rejeté sa requête, confirmant que le jugement était régulier et que M. B... n'avait pas droit à une indemnité, car il avait acquis la parcelle en connaissance de sa classification. La cour a également condamné M. B... à verser 1 000 euros à la commune de Grandfontaine au titre des frais d'instance.
Arguments pertinents
1. Régularité du jugement : La cour a statué sur l'argument relatif à l'absence de signatures, en rappelant que "la minute du jugement attaqué est signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier d’audience". Par conséquent, le moyen tiré de l'absence de signature a été écarté.
2. Préjudice et connaissance du zonage : La cour a souligné que M. B... a acquis sa parcelle en 1993, soit après l'adoption du plan d'occupation des sols en vigueur, affirmant qu'il "ne saurait se prévaloir d'aucun préjudice" du fait de sa connaissance préalable du classement. En outre, si le vendeur avait donné des assurances sur le statut constructible de la parcelle, il incombait à M. B... de se retourner contre ce dernier plutôt que contre la commune.
3. Frais de justice : Concernant les frais exposés, la cour a appliqué l'article L. 761-1 du code de justice administrative, stipulant qu'il y a lieu de mettre à la charge de M. B... une somme de 1 000 euros, puisqu'il n'était pas la partie gagnante dans la présente instance.
Interprétations et citations légales
- Régularité du jugement : Selon le Code de justice administrative - Article R. 741-7, il est stipulé que "Dans les tribunaux administratifs et les cours administratives d'appel, la minute de la décision est signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier d'audience". Ce texte précise les formalités requises pour la validité des décisions, mais la cour a jugé que l'absence de certaines signatures sur l'ampliation notifiée à M. B... n'entachait pas la validité du jugement.
- Classification du zonage et préjudice : La cour a fondé son raisonnement sur le fait que le requérant ne peut revendiquer un préjudice résultant d'un classement qu'il connaissait au moment de l'acquisition de la parcelle. Cette logique repose sur le principe selon lequel un acheteur doit s'informer des implications juridiques de son acquisition.
- Frais et indemnités : L'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, qui précise que "le juge peut, dans sa décision, mettre à la charge d'une partie, à titre de dépens, une somme qu'il détermine au profit de l'autre partie", a conduit la cour à ordonner à M. B... de verser une somme à la commune, réaffirmant ainsi le principe de la responsabilité financière en fonction des résultats du litige.
Cette décision reflète l'engagement du droit administratif à respecter les procédures strictes tout en équilibrant les responsabilités des parties impliquées dans des litiges d'urbanisme.