Résumé de la décision
La Cour administrative d'appel a été saisie par M. C..., un ressortissant guinéen, pour contester un arrêté du préfet du Bas-Rhin qui lui imposait une obligation de quitter le territoire français. M. C... avait été interpellé en avril 2019, à un moment où il ne disposait pas de visa ou de titre de séjour valide. Il a demandé à la cour d'annuler cet arrêté et d'obtenir un titre de séjour mention "étudiant". Par un jugement du 17 mai 2019, le tribunal administratif a rejeté sa demande. La Cour a confirmé cette décision, estimant que les moyens soulevés par M. C... étaient infondés.
Arguments pertinents
1. Compétence du signataire de l'arrêté : M. C... a contesté la légalité de l'arrêté en avançant que le signataire n'était pas compétent. La Cour a écarté cet argument, déclarant que le préfet du Bas-Rhin avait donné délégation de pouvoirs à Mme D... B..., qui avait signé l'arrêté. La Cour a affirmé : "le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué, signé par Mme B..., serait entaché du vice d'incompétence doit être écarté comme manquant en fait."
2. Motivation de l'obligation de quitter le territoire : M. C... a soutenu que l'obligation de quitter le territoire était insuffisamment motivée. Cependant, la Cour a constaté que l'arrêté comportait les motifs nécessaires et a noté que le préfet avait dûment considéré la situation de M. C..., y compris son statut d'étudiant. Par conséquent, la Cour a statué : "l'arrêté attaqué comporte l'indication de l'ensemble des motifs de droit et de fait sur lesquels le préfet s'est fondé."
3. Décision de refus d'un délai de départ volontaire : M. C... a aussi contesté le refus d'un délai de départ volontaire, affirmant qu'il n'y avait pas de risque de fuite étant donné qu'il était étudiant. La Cour a jugé que M. C... était en situation irrégulière et avait échoué à ses examens, ce qui justifiait la décision du préfet. La Cour a souligné : "M. C... n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait entaché sa décision d'une appréciation manifestement erronée."
Interprétations et citations légales
- Délégation de signature (Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 511-1) : L'arrêté a été jugé conforme à la procédure requise, puisque le préfet avait prorogé ses pouvoirs de décision à un directeur au sein de la préfecture. Cette délégation est licite tant qu'elle respecte le cadre défini par la loi et ne concerne pas certaines catégories d'actes.
- Obligation de quitter le territoire (Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 511-1) : Cet article énonce que les étrangers en situation irrégulière doivent faire l'objet d'une décision motivée et que le préfet a la possibilité d'imposer un départ immédiat s'il y a un risque qu'ils se soustraient à cette obligation. La nature de la situation de M. C..., qui ne justifiait pas son maintien en France, a été évaluée comme pertinente.
- Refus de délai de départ volontaire (Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 511-1) : La décision de ne pas accorder un délai supplémentaire de départ a été fondée sur des facteurs tels que la situation irrégulière de M. C... et son échec aux examens, un choix validé par la jurisprudence qui reconnaît le droit des autorités à apprécier le risque de fuite en fonction des circonstances individuelles.
En somme, la décision de la Cour confirme la légalité de l'arrêté du préfet, fondée sur les dispositions spécifiques du code de l'entrée et du séjour, tout en considérant les éléments factuels de la situation de M. C....