Résumé de la décision
Le préfet du Haut-Rhin a demandé l'annulation d'un jugement du tribunal administratif qui avait annulé un arrêté de placement en rétention dont faisait l'objet M. A... Le préfet soutenait que le délai de départ volontaire de 30 jours accordé à M. A... était expiré en raison de son incarcération, et que son comportement justifiait le placement en rétention sans délai. La cour a rejeté la requête du préfet, considérant que le délai de départ volontaire ne commençait à courir qu'à compter de la libération de M. A..., qui est survenue après l'expiration de ce délai.
Arguments pertinents
1. Délai de départ volontaire : La cour a affirmé que "lorsque l'étranger intéressé purge une peine d'emprisonnement lorsqu'il reçoit la notification d'une obligation de quitter le territoire français assortie d'un délai de départ volontaire, ce délai... ne commence à courir qu'à compter de sa libération".
2. Placement en rétention : Le juge a relevé que le placement en rétention de M. A... le 18 juillet 2015, fondé sur l'argument que le délai de départ était expiré, était erroné, car le délai ne courait qu'à partir de sa libération le même jour.
3. Menace pour l'ordre public : Bien que le préfet puisse, en vertu de la loi, ne pas accorder de délai lorsqu'il s'agit d'une menace pour l'ordre public, la cour a décidé que cette considération n'était pas applicable dans le cas présent, étant donné que le délai n'était pas expiré.
Interprétations et citations légales
Le jugement fait référence aux dispositions légales encadrant le recours à la rétention des étrangers, en particulier :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 551-1 : Cet article précise les conditions dans lesquelles un étranger peut être placé en rétention. En l'espèce, la cour rappelle que la condition selon laquelle le délai pour quitter le territoire doit être expiré n’était pas remplie à la date de la décision de placement en rétention.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 511-1 : Ce texte autorise le préfet à ne pas accorder un délai de départ volontaire en cas de menace à l'ordre public. La cour, tout en reconnaissant cette possibilité, souligne que la décision de placement en rétention ne peut se fonder sur cet article puisque le délai accordé n’était pas expiré au moment de la décision.
En conclusion, la cour a considéré que le préfet du Haut-Rhin n'avait pas respecté les prescriptions légales relatives aux délais de départ pour M. A..., justifiant ainsi le rejet de sa requête.