Résumé de la décision
M. D... a formé appel contre un jugement du tribunal administratif de Nantes qui avait rejeté sa demande d'annulation de la décision du ministre de l'intérieur du 5 novembre 2013, ayant ajourné sa demande de naturalisation pour une durée de deux ans. La cour a confirmée la décision du tribunal administratif, considérant que le ministre avait agi sans erreur manifeste d’appréciation, en raison du caractère incomplet de l’insertion professionnelle de M. D... à la date de la décision.
Arguments pertinents
1. Pouvoir d'appréciation du ministre : La cour souligne que, selon l'article 21-15 du code civil, le ministre dispose d'un pouvoir d'appréciation concernant l'intérêt d'accorder la nationalité française. Celui-ci peut fonder sa décision sur "le degré d'insertion professionnelle du postulant" (Code civil - Article 21-15).
2. État des ressources de M. D... : Il n'est pas contesté que M. D... n'a justifié d'aucune situation stable sur le marché du travail à la date de la décision contestée, ayant uniquement des emplois de courte durée et à temps partiel, avec des revenus limités sur les années précédentes. De ce fait, la cour a constaté que son insertion professionnelle restait incomplète, ce qui justifiait la décision du ministre.
3. Décision fondée sur des éléments objectifs : Le jugement indique que "la légalité d'une décision s'appréciant à la date à laquelle elle a été prise", et estime que M. D... ne peut pas se prévaloir d'événements survenus postérieurement à cette date, tels que la signature de contrats de professionnalisation.
Interprétations et citations légales
L’arrêt met en évidence l’interprétation des dispositions légales relatives à la naturalisation :
- Code civil - Article 21-15 : Cet article stipule que l’acquisition de la nationalité par décret est à la demande de l’étranger, ce qui engage une appréciation par le ministre sur l'opportunité de cette naturalisation.
- Décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 - Article 48 : Celui-ci précise que "si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation... il peut également en prononcer l'ajournement", permettant ainsi de poser des conditions pour évaluer si l’intéressé satisfera aux exigences futures pour la naturalisation.
Ces articles mettent en avant le caractère discrétionnaire de la décision du ministre, affirmant que cette appréciation peut s'appuyer sur des critères objectifs tels que le niveau et la stabilité des ressources du demandeur.
En conclusion, la décision de la cour s’inscrit dans un cadre légal qui permet une évaluation des candidatures à la naturalisation, où l’insertion professionnelle du candidat joue un rôle crucial. Le cas de M. D... illustre les exigences que les étrangers doivent respecter pour obtenir la nationalité française, renforçant ainsi le pouvoir d'appréciation conféré au ministre de l'intérieur.