Résumé de la décision
La cour examine l'appel de Mme C... B... contre le jugement du tribunal administratif d'Orléans, daté du 15 mars 2016, qui avait rejeté sa demande visant à déclarer irrégulière l'emprise de plusieurs installations (poteau électrique, armoire électrique, chambre France Télécom, et bloc de boîtes aux lettres) sur sa propriété par la commune de Saint Jean de Rebervilliers. La cour conclut que Mme B... n’a pas établi que la commune était propriétaire des installations ou qu’il s’agissait d’une dépossession de sa propriété. En conséquence, la requête est rejetée, tout comme les demandes d’indemnisation pour frais.
Arguments pertinents
1. Compétence du juge administratif :
La cour rappelle que le juge administratif est compétent pour constater l'illégalité d'une dépossession par l'implantation d’un ouvrage public. Toutefois, elle précise que "s'agissant d'une armoire électrique, d'une 'chambre France Télécom' et d'un bloc de boîtes aux lettres," les installations ne peuvent être considérées comme propriété de la commune.
2. Irrecevabilité des conclusions :
Les conclusions de Mme B... sont jugées "mal dirigées" et, par conséquent, irrecevables. La cour souligne que, au regard des éléments du dossier, la commune ne peut être regardée comme propriétaire des installations contestées : "aussitôt qu'il ressort des pièces du dossier que, s'agissant d’une armoire électrique, d’une 'chambre France Télécom' et d’un bloc de boîtes à lettres, la commune… puisse être regardée... comme étant propriétaire".
3. Frais et indemnités :
La cour refuse la demande de Mme B... visant l'indemnisation au titre des frais, en se basant sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative, qui stipule qu'une partie perdante ne peut réclamer des frais à la partie gagnante. En outre, la cour précise qu'il n'y a pas lieu de déroger à cette règle dans le cas présent.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 761-1 du code de justice administrative :
Cet article porte sur les frais de justice. La cour l'invoque pour justifier le rejet de la demande de Mme B... : "les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune… verse à Mme B… la somme que celle-ci réclame au titre des frais engagés".
2. Réflexion sur la propriété et la dépossession :
La décision met en lumière la notion de dépossession dans le droit administratif. La cour indique que les conclusions de Mme B... ne visent pas une dépossession mais plutôt une contestation de l’emprise : "les installations ne pouvant au surplus qu'être constitutives de servitudes, et non d'une dépossession".
3. Compétence du juge administratif :
La distinction entre les compétences des juridictions administratives et judiciaires est affirmée : "il n'appartient pas au juge administratif de statuer sur la propriété immobilière", ce qui renvoie à une séparation des pouvoirs entre les deux types de justice.
Ainsi, la décision met l'accent sur la nécessité pour un requérant de prouver l'existence d'une propriété et d'une illégalité dans l'emprise, ainsi que sur les limites de la compétence juridictionnelle en matière de propriété immobilière.