Résumé de la décision :
M. A..., ressortissant algérien, a demandé la délivrance d'un titre de séjour en France, qui a été refusé par le préfet de la Seine-Saint-Denis. Il a contesté cette décision devant le Tribunal administratif de Montreuil, qui a rejeté sa demande, décision que M. A... a ensuite portée en appel. La Cour administrative d'appel de Versailles a confirmé le rejet de la requête, considérant que le jugement du tribunal était correctement motivé et que les moyens avancés par M. A... n'étaient pas fondés. La Cour a également souligné que l’obligation de quitter le territoire français était justifiée par le refus de délivrance du titre de séjour, indépendamment du éventuel titre de séjour valide délivré par l’Italie.
Arguments pertinents :
1. Motivation du jugement : La Cour a souligné que le Tribunal administratif n'était pas obligé de répondre à tous les arguments de M. A..., tant qu'il avait répondu à ceux essentiels. "M. A... n'est dès lors pas fondé à soutenir que le jugement serait entaché d'irrégularité."
2. Absence d'avis de la DIRECCTE : Concernant la contestation de la non-réception de l'avis défavorable de la DIRECCTE, la Cour a noté qu'aucune réglementation ne contraint à transmettre cet avis à l'étranger. "Aucune disposition législative ou réglementaire n'impose la transmission de cet avis au salarié."
3. Qualité de l'obligation de quitter le territoire : La Cour a aussi confirmé la légalité de l’obligation de quitter le territoire, précisant que le préfet peut agir en vertu de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en cas de refus de titre de séjour. "La demande de titre de séjour déposée par M. A... ayant été rejetée, le préfet... pouvait l'obliger à quitter le territoire français."
Interprétations et citations légales :
1. Article L. 511-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Cet article stipule que les autorités peuvent obliger un étranger à quitter le territoire français si son titre de séjour a été refusé :
- "L'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger non ressortissant d'un État membre de l'Union européenne (...) lorsque (...) la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé."
2. Articles R. 522111 et R. 522117 du Code du Travail : Ces articles précisent que la demande d'autorisation de travail doit être faite par l'employeur et que la décision revient au préfet. La Cour a interprété que la responsabilité incombe à l'employeur pour fournir les informations nécessaires :
- "La décision relative à la demande d'autorisation de travail [...] est prise par le préfet. Elle est notifiée à l'employeur ou au mandataire qui a présenté la demande, ainsi qu'à l'étranger."
3. Obligation de motivation dans les décisions administratives : La Cour a affirmé que tant que les motifs essentiels sont traités, le jugement est considéré comme régulier. Cela souligne l’importance d’un traitement complet sans une obligation de répondre à chaque argument présenté :
- "Le tribunal n'a pas omis de répondre aux moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressé."
Ces éléments démontrent que le juge administratif exerce un contrôle sur la légalité des décisions concernant les étrangers, tout en respectant le cadre légal qui détermine les droits et obligations des demandeurs de titres de séjour.