Résumé de la décision :
La Cour administrative d'appel de Versailles a été saisie par la compagnie Air Liberté et Me Gilles Barronnie, commissaire à l'exécution du plan de redressement de la compagnie, qui demandaient de faire enjoindre à l'Etat d'exécuter un arrêt antérieur (n° 11VE00413) condamnant l'Etat à les indemniser pour un préjudice subi suite à un accident aérien. La Cour a rejeté leur requête, estimant que la question de la compensation de créances entre l'Etat et Air Liberté relèverait d'un litige différent de celui sur l'exécution de l'arrêt. De plus, la Cour a condamné Me Gilles Barronnie à verser à l'Etat 2 000 euros au titre des frais de justice.
Arguments pertinents :
1. Inexécution d'un jugement : Les requérants ont soutenu que l'Etat devait exécuter l'arrêt du 2 juin 2015, car le refus de compensation de créances, invoqué par l'Etat, ne pouvait pas s'opposer à la chose jugée. La Cour a considéré que ce point était distinct de l'exécution de l'arrêt et a donc rejeté la demande d'exécution.
2. Litige distinct : La Cour note que la compensation proposée par l'Etat concernant des créances de redevance de services terminaux de la circulation aérienne représente un litige qui n'est pas lié à l'exécution de l'arrêt, précisant que cela n'a pas été statué lors de l'appel antérieur.
Interprétations et citations légales :
1. Sur l'exécution judiciaire :
- Code de justice administrative - Article L. 911-1 : Ce texte précise que "lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution."
- Ici, la Cour a fait valoir qu'il n'y avait pas d'ordre d'exécution concernant les compensations en litige, ce qui justifie le rejet de la requête des requérants.
2. Sur les frais de justice :
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Ce disposition stipule que "la partie perdante peut être mise à la charge de l'autre partie des frais exposés par elle et non compris dans les dépens."
- La Cour a appliqué cet article en considérant que l'Etat n'était pas la partie perdante et a par conséquent condamné Me Gilles Barronnie à verser 2 000 euros à l'Etat.
La décision affirme donc le principe selon lequel l'exécution d'un arrêt ne peut être soumise à des litiges de compensation distincts et souligne que les obligations de paiement en vertu d'un jugement doivent être respectées, indépendamment d'autres créances non liées.