Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. B... a contesté un arrêté du maire de Besançon interdisant certaines activités, arguant que cet arrêté portait atteinte aux libertés fondamentales, notamment le droit d’aider autrui. Après le rejet de sa demande par le juge des référés du tribunal administratif de Besançon, M. B... a fait appel. Entre-temps, le maire a abrogé l'arrêté contesté, rendant l'appel sur cet arrêté sans objet. M. B... a alors demandé la suspension du nouvel arrêté du 31 août 2018. Cependant, ce dernier a été jugé irrecevable car présenté pour la première fois en appel. La Ligue des droits de l'homme a soutenu l'appel de M. B..., mais la cour a rendu une ordonnance qui a rejeté en grande partie les demandes de M. B....
Arguments pertinents
Les arguments de la décision s'articulent autour de plusieurs points clés :
1. Perte d'objet : L'arrêté du 3 juillet 2018 a été abrogé par un nouvel arrêté du 31 août 2018, rendant les conclusions d'appel relatives à cet ancien arrêté sans objet. Cela a été rappelé clairement avec l'assertion : "Les conclusions d'appel de M. B...tendant à ce que le juge des référés suspende cet arrêté du 3 juillet 2008 sont devenues sans objet".
2. Irrecevabilité de la demande : Les nouvelles conclusions concernant l'arrêté du 31 août 2018, formulées pour la première fois en appel, ont été jugées irrecevables, car elles ne faisaient pas partie de la première demande. Cette décision est soulignée par le passage : "Les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 31 août 2018...sont présentées par M.B..., dans sa réplique, pour la première fois en appel ; qu'elles sont par suite irrecevables".
3. Absence d'indemnisation : La décision ne juge pas nécessaire de condamner l'État à verser une somme à M. B... au titre des frais irrépétibles, en soulignant : "Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l’État le versement à M. B... d'une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative".
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs principes juridiques qui méritent d'être examinés :
1. Droit d'agir : L'article L. 521-2 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner des mesures en cas d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Cependant, la question de l'objet de la requête est cruciale : la cessation de l'illégalité ne justifie pas une intervention lorsque la situation contestée n'existe plus.
Citation : "Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté... une atteinte grave et manifestement illégale." (Code de justice administrative - Article L. 521-2)
2. Irrecevabilité d'une demande nouvelle en appel : La règle des instances souligne qu'une partie ne peut introduire de nouvelles demandes lors d'un appel, conformément aux principes du droit administratif.
Citation : "Les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté...sont présentées par M.B..., dans sa réplique, pour la première fois en appel ; qu'elles sont par suite irrecevables."
Ces éléments montrent qu'une attention rigoureuse aux procédures et à la continuité des actes administratifs est essentielle pour la recevabilité des demandes en justice, notamment dans le cadre d'appels administratifs.