Résumé de la décision
Dans cette affaire, la SARL DFA Distribution conteste des impositions supplémentaires à la cotisation foncière des entreprises (CFE) qui lui ont été notifiées par l'administration fiscale et qui résultent de l'intégration dans sa base imposable de la valeur locative des locaux commerciaux exploités sous un contrat de gérance-mandat avec la société Babou. La cour administrative d'appel de Nancy a annulé un jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui rejetait la demande de la SARL DFA Distribution. Toutefois, le ministre des Finances a formé un pourvoi contre cet arrêt. Le Conseil d'État a finalement annulé l'arrêt de la cour d'appel et a rejeté la demande de la SARL DFA Distribution, considérant que cette dernière ne pouvait pas se prévaloir d'une prise de position de l'administration fiscale fondée sur des courriers antérieurs.
Arguments pertinents
1. Prise de position de l'administration fiscale : La SARL DFA Distribution a tenté de se baser sur l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales pour contester l'imposition, arguant que deux courriers de l'administration fiscale (datés des 20 décembre 2005 et 30 mai 2007) constituaient une prise de position sur la situation factuelle qui devait profiter à sa défense. Toutefois, le Conseil d'État a statué que cette prise de position concernait uniquement la société Babou et non la SARL DFA Distribution, puisque les contrats en question avaient été conclus postérieurement à ces courriers.
> Citation clé : "Dès lors que la valeur locative de ces locaux ne pouvait être prise en compte, pour l'imposition à la taxe professionnelle… que dans l'assiette soit de la société Babou, soit de son cocontractant."
2. Erreur de droit : En jugeant que la SARL DFA Distribution pouvait se prévaloir d'une prise de position de l'administration, la cour d'appel a commis une erreur de droit, car elle a inexactement analysé la portée des courriers en question.
> Citation clé : "La cour administrative d'appel de Nancy a entaché son arrêt d'une erreur de droit."
Interprétations et citations légales
1. Article L. 80 B du livre des procédures fiscales : Cet article établit que les contribuables peuvent se prévaloir des prises de position de l'administration sur des situations de fait au regard des textes fiscaux, mais cela est conditionné à leur situation directe par rapport aux décisions prises. La décision interprète cet article en précisant que la prise de position doit concerner directement le contribuable concerné.
> Citation : "Peuvent se prévaloir de cette garantie… les contribuables qui se trouvent dans la situation de fait sur laquelle l'appréciation invoquée a été portée."
2. Article 1467 du code général des impôts : Cet article stipule les conditions d'évaluation de la valeur locative des locaux par rapport à la taxe professionnelle. Le Conseil d'État s'appuie sur cette régulation pour justifier que la valeur locative ne peut être intégrée que dans les bases d'imposition des entités ayant effectivement la disposition des locaux au moment de l'évaluation.
> Citation : "En application de l'article 1467 du code général des impôts, elle avait… intégré leur valeur locative dans ses bases d'imposition."
Conclusion
Le Conseil d'État, en annulant l'arrêt de la cour administrative d'appel et en rejetant la demande de la SARL DFA Distribution, a clairement affirmé que les prises de position de l'administration fiscale ne pouvaient être invoquées que dans le cadre de la situation spécifique du contribuable impliqué à la date de cette prise de position, ce qui n'était pas le cas pour la société DFA Distribution en l'occurrence. Cette décision souligne l'importance de la précision et de l’exclusivité des prises de position administratives dans le cadre des procédures fiscales.