Résumé de la décision
La décision concerne la contestation par M. A...B... de la constitutionnalité d’une disposition législative autorisant le ministre de l'intérieur à proroger l'interdiction de sortie du territoire au-delà de deux années. Selon la loi n° 2016-987 du 21 juillet 2016, cette mesure a été modifiée pour permettre une durée d'interdiction indéfinie. Après avoir examiné le dossier, le tribunal a conclu que la disposition contestée n'était pas applicable à M. B..., dont les interdictions, bien que renouvelées, ne dépassaient pas deux ans au total. En conséquence, il n’y a pas lieu de renvoyer la question prioritaire de constitutionnalité au Conseil constitutionnel.
Arguments pertinents
1. Applicabilité de la disposition contestée : Le tribunal a établi que pour qu'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soit renvoyée au Conseil constitutionnel, il faut que la disposition contestée soit applicable au litige. En l'espèce, il a été déterminé que "la durée globale de ces interdictions ... n'excède pas deux années", ce qui signifie que la modification législative ne s'appliquait pas au cas de M. B...
2. Précédent jurisprudentiel : En rapport avec les conditions de renvoi au Conseil constitutionnel, le tribunal rappelle que la disposition contestée n'avait pas déjà été déclarée conforme et qu’elle devait être nouvelle ou sérieuse. Cependant, puisque la loi ne s'appliquait pas dans ce contexte, le tribunal a considéré qu'il n'y avait pas de fondement pour une telle saisine.
3. Décision finale : Par conséquent, la décision indique clairement qu'il n'y a pas lieu de renvoyer au Conseil constitutionnel la QPC soulevée.
Interprétations et citations légales
L'analyse s'appuie sur plusieurs textes importants :
- Ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 : L'article 23-4 précise les conditions pour qu'une QPC soit transmise au Conseil constitutionnel, ainsi que la nécessité que la question soit applicable au litige.
- Code de la sécurité intérieure - Article L. 224-1 : Cet article détaille les conditions sous lesquelles une interdiction de sortie du territoire peut être prononcée, en incluant la notion de "raisons sérieuses de penser qu'il projette des déplacements à l'étranger ayant pour objet la participation à des activités terroristes".
- Loi n° 2016-987 du 21 juillet 2016 : Cette loi a modifié les règles de prorogation des interdictions, en supprimant la limitation à deux années pour la durée globale. Le tribunal a souligné que "la disposition contestée ... n'est par conséquent pas applicable au présent litige" car les interdictions précédentes n'avaient pas atteint cette limite.
En conclusion, la décision du tribunal repose sur une analyse des conditions de détermination de la QPC et sur l'absence d'applicabilité de la disposition contestée au cas de M. B..., se référant avec précision à la législation pertinente.