Résumé de la décision
La Ligue nationale pour la liberté des vaccinations a demandé l'annulation de l'arrêté du 5 novembre 2018, qui impose aux futurs stagiaires assistants maternels de fournir un certificat médical attestant qu’ils sont à jour de leurs vaccinations obligatoires et recommandées. Le Conseil d'État a décidé d'annuler la partie de l'arrêté relative aux vaccinations recommandées, estimant que la ministre des solidarités et de la santé n'avait pas le pouvoir de demander cette exigence supplémentaire, car elle ne découle d'aucune disposition législative habilitante.
Arguments pertinents
1. Vérification des obligations vaccinales :
- Le Conseil d'État a reconnu que l'arrêté imposait simplement la vérification des obligations vaccinales en fonction du lieu de stage, précisant que cette exigence ne visait pas à étendre de manière générale les obligations vaccinales. Le décret vise uniquement à s'assurer que les futurs stagiaires respectent les conditions d'immunisation selon leurs lieux de stage.
> "En disposant qu'est annexé à la convention de stage un certificat médical attestant que le futur stagiaire est à jour de ses vaccinations obligatoires pour les professionnels de la petite enfance, la ministre... a seulement imposé que soit vérifié, avant le début de la période de formation en milieu professionnel, le respect des obligations vaccinales applicables".
2. Absence de compétence pour les vaccinations recommandées :
- En revanche, le Conseil d'État a souligné que la ministre n'avait pas le pouvoir d'exiger des vaccinations recommandées pour les assistants maternels. Aucun texte de loi ne conférait cette compétence.
> "La ministre des solidarités et de la santé ne tenait... d'aucune autre disposition législative une habilitation lui conférant le pouvoir de soumettre les assistants maternels suivant une période de formation en milieu professionnel à des vaccinations non obligatoires".
Interprétations et citations légales
1. Code de l'action sociale et des familles - Article L. 421-14 :
- Cet article stipule que "Tout assistant maternel agréé doit suivre une formation dont les modalités... sont définies par décret". Cela signifie que la formation et ses conditions sont encadrées, mais ne s'étendent pas à des exigences vaccinales non obligatoires.
2. Code de la santé publique - Article L. 3111-1 :
- Ce texte établit que la politique de vaccination, y compris les recommandations, est du ressort du ministre chargé de la santé, formant la base sur laquelle les exigences vaccinales sont fondées.
> "La politique de vaccination est élaborée par le ministre chargé de la santé qui fixe les conditions d'immunisation, énonce les recommandations nécessaires".
3. Code de la santé publique - Article L. 3111-4 :
- Ce texte prévoit que des vaccinations spécifiques doivent être réalisées pour les professionnels dans certains établissements, mais ne peuvent être étendues aux assistants maternels sans disposition législative claire qui le permettrait.
> "Une personne... exerçant une activité professionnelle... doit être immunisée contre...". Ce passage souligne la spécificité des obligations vaccinales en fonction de l'environnement de travail, ce qui ne s'applique pas de manière généralisée à tous les assistants maternels.
En somme, la décision du Conseil d'État clarifie les limites de l'habilitation réglementaire concernant les exigences vaccinales pour les assistants maternels, affirmant la nécessité d'une base législative solide pour imposer de telles exigences.