Résumé de la décision
Le Conseil national de l'ordre des infirmiers a demandé au juge des référés du Conseil d'État de suspendre l'exécution de certaines dispositions d'un décret du 29 septembre 2017, relatif à l'organisation des élections de ses membres. Il a invoqué une situation d'urgence, estimant que le décret créait une instabilité juridique et compromettait la tenue des élections prévues le 23 novembre 2017. Cependant, le juge des référés a rejeté la requête, considérant que la condition d'urgence n'était pas remplie et que les arguments avancés ne démontraient pas de manière suffisante une atteinte grave et immédiate aux intérêts de l'ordre infirmier.
Arguments pertinents
1. Urgence et atteinte aux intérêts : Le Conseil national de l'ordre des infirmiers a soutenu que le décret entraînait une « instabilité et insécurité juridique » pour l'organisation des élections. Toutefois, le juge a conclu que cette affirmation n'était pas suffisamment justifiée, notant que les différences invoquées n'étaient pas précisées et que le conseil national n'établissait pas de manière claire l'impact de ces différences sur le déroulement des élections.
> « Le conseil national de l'ordre des infirmiers n'établit pas que les dispositions en cause porteraient une atteinte grave et immédiate aux intérêts dont il a la charge. »
2. Non-conformité des modalités électorales : Bien que le Conseil national se soit prévalu de divergences entre son règlement électoral et les nouvelles dispositions, le juge a relevé que les articles du décret ne modifiaient pas fondamentalement le cadre juridique préexistant et laissaient place à des adaptations nécessaires.
> « [Les dispositions] réservent la possibilité des adaptations nécessaires. »
3. Rejet manifestement infondé : La décision souligne qu'il est manifeste que la requête ne peut être accueillie, confirmant ainsi que le juge n'a pas trouvé de fondement suffisant à la demande de suspension en raison de l'absence d'urgence.
> « Il résulte de ce qui précède qu'il est manifeste que la requête du Conseil national de l'ordre des infirmiers ne peut être accueillie. »
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article L. 521-1 : Cet article permet au juge des référés de suspendre l'exécution d'une décision administrative lorsque l'urgence se justifie et qu'il existe un doute sérieusement étayé quant à la légalité de la décision contestée. L'application de cet article nécessite une démonstration claire des conditions d'urgence et de légalité.
> « ...le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. »
2. Code de justice administrative - Article L. 522-3 : Ce texte permet au juge de rejeter une requête sans instruction contradictoire lorsque celle-ci apparaît manifestement infondée. Le Conseil d'État a appliqué cette disposition pour conclure au rejet de la requête.
> « Le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée... lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée. »
En conclusion, la décision s'appuie sur des principes bien établis du droit administratif, en insistant sur la nécessité d'une urgence authentifiée et d'une démonstration claire des atteintes aux intérêts des demandeurs pour que la suspension d'une décision administrative soit envisagée.