Résumé de la décision
La décision porte sur une demande de M. B... pour la suspension de l'exécution d'un décret interdisant les déplacements dans le cadre de la lutte contre l'épidémie de covid-19. M. B... affirme que ce décret porte atteinte à ses libertés fondamentales, notamment sa liberté d'aller et venir, sa liberté religieuse, et sa liberté d'entreprendre. Cependant, le juge des référés a refusé de considérer la situation comme urgente, mettant en avant l'intérêt public et les circonstances exceptionnelles ayant conduit à l’adoption du décret. La requête de M. B... est donc rejetée.Arguments pertinents
1. Atteinte aux libertés fondamentales : M. B... soutient que le décret affecte gravement ses libertés, notamment son droit de circulation, sa liberté chrétienne d’assister à la messe dominicale, et son activité économique. Toutefois, le juge a considéré que l'atteinte à ces libertés ne suffisait pas à justifier l'urgence de la suspension.2. Contexte exceptionnel : Le juge a souligné que le décret contesté a été pris dans un contexte d'état d'urgence sanitaire déclaré par le législateur, ce qui rend cette situation distincte des atteintes habituelles aux libertés. Il a noté que « les circonstances exceptionnelles » et « l'intérêt public » liés à la lutte contre l'épidémie doivent être pris en compte pour apprécier la condition d'urgence.
3. Rejet de la demande : En vertu de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut rejeter une demande sans instruction si la condition d'urgence n'est pas remplie ou si la demande est manifestement mal fondée. Dans ce cas, le juge a utilisé cette procédure pour rejeter la requête de M. B....
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-2 du Code de justice administrative : Cet article définit les conditions dans lesquelles le juge des référés peut intervenir pour sauvegarder une liberté fondamentale. Le juge doit établir l'existence d'une « atteinte grave et manifestement illégale » à une liberté. Le texte indique que « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale ».2. Article L. 522-3 du Code de justice administrative : Cet article permet au juge de rejeter une requête lorsque la condition d'urgence n'est pas reconnue ou si la demande est clairement mal fondée.
3. Contexte législatif : La loi n° 2020-290 du 23 mars 2020, évoquée dans la décision, établit le cadre juridique de l'état d'urgence sanitaire, lequel est considéré comme justifiant des mesures restrictives des libertés en raison des conditions sanitaires exceptionnelles.
En résumé, la décision démontre la prééminence de l'intérêt public et des circonstances extraordinaires dans l'examen des demandes de référé liées à des atteintes aux libertés, surtout en période de crise comme celle engendrée par la pandémie de covid-19.