Résumé de la décision
Mme A... a acquis la nationalité française par décret le 5 avril 2005. Elle a ensuite demandé, en 2019, la modification de ce décret pour y faire mention de ses enfants afin qu'ils bénéficient de la nationalité française par effet collectif. Le ministre de l'intérieur a rejeté cette demande, arguant que, à la date du décret, les conditions de l'article 22-1 du code civil n'étaient pas remplies, puisque les enfants vivaient alors chez leur père en République du Congo et que l'aînée était majeure. Mme A... a contesté cette décision pour excès de pouvoir, mais le jugement a confirmé le refus du ministre.
Arguments pertinents
1. Conditions de résidence et d'âge : La décision insiste sur le fait que, pour qu'un enfant mineur bénéficie de la nationalité française par le décret de son parent, il doit résider habituellement avec celui-ci au moment de la naturalisation. L'argument est soutenu par l'article 22-1 du code civil : "L'enfant mineur... devient français de plein droit s'il a la même résidence habituelle que ce parent".
2. Irrelevance des circonstances postérieures : Le tribunal a clairement précisé que les circonstances intervenues après la date de la décision de naturalisation, telles que l'implication parentale de Mme A... depuis 2011 ou les refus de visas pour ses enfants, n'avaient aucune influence sur la légalité de la décision d'origine. Cela démontre un principe fondamental : "En l'absence de prescription en disposant autrement, cette condition d'âge s'apprécie à la date de signature des décrets".
Interprétations et citations légales
1. Article 22-1 du Code civil : Cet article stipule que "L'enfant mineur... devient français de plein droit" sous certaines conditions. La décision a précisé que pour l'application de cet article, le lieu de résidence des enfants devait être évalué au moment du décret de naturalisation, et non à un moment ultérieur.
2. Notion de résidence habituelle : La décision expose que, même si Mme A... a participé à l'éducation de ses enfants après la date du décret, ce fait ne change pas leur statut de résidence à la date d'acquisition de la nationalité de leur mère.
3. Condition d'âge : Il est également souligné que la condition d'âge requise pour bénéficier de la nationalité française est une condition stricte, vérifiée au jour de l'acte. Cela est fondamental pour éviter les abus et maintenir la clarté des critères d'acquisition de la nationalité.
En résumé, la décision repose sur l’interprétation stricte des conditions d’application de la nationalité en vertu de l’article 22-1 du Code civil, confirmant qu’un parent ne peut faire modifier son décret de naturalisation a posteriori pour inclure des enfants qui ne remplissaient pas les conditions requises au moment de la naturalisation.