Résumé de la décision :
La commune de Rouen a demandé au tribunal administratif de Rouen d'ordonner à l'État la compensation financière des coûts associés à l'enseignement artistique renforcé dispensé par le conservatoire de la ville. La cour a transmis une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) concernant la compatibilité de plusieurs articles du code de l'éducation avec la Constitution française. Le Conseil d'État a jugé que la QPC soulevée par la commune n'était pas sérieuse et n'imposait pas un renvoi au Conseil constitutionnel. En conséquence, il n'y a pas lieu de transmettre la question au Conseil constitutionnel.
Arguments pertinents :
1. Absence de caractère sérieux : Le Conseil d'État a considéré que la commune de Rouen n'avait pas fondé un argument suffisamment sérieux pour justifier le renvoi de la question prioritaire à la haute juridiction. Il a souligné que le simple fait que l'État puisse s'appuyer sur ces dispositions pour justifier son refus de prise en charge des coûts ne suffit pas à démontrer une question de constitutionnalité sérieuse.
> "la commune de Rouen ne soulève pas une question sérieuse, au sens de l'article 23-2 de l'ordonnance du 7 novembre 1958".
2. Gratuité de l'enseignement : Les dispositions pertinentes des articles L. 132-1, L. 132-2 et L. 211-8 du code de l'éducation affirment que l'enseignement public est gratuit, mais cela ne s'applique pas nécessairement aux coûts associés à l'inscription au conservatoire pour des activités spécifiques telles que celles des classes à horaires aménagés.
> "L'enseignement public dispensé dans les écoles maternelles et les classes enfantines et pendant la période d'obligation scolaire... est gratuit." (Code de l'éducation - Article L. 132-1).
Interprétations et citations légales :
1. Sur la gratuité de l'enseignement public : Le Code de l'éducation stipule que l'enseignement public est gratuit (Code de l'éducation - Article L. 132-1 et L. 132-2). Cela soulève la question de savoir si cette gratuité s'étend aux activités d'enseignement artistique, notamment lorsque celles-ci sont dispensées par un conservatoire. Le Conseil d'État a interprété que les articles en question ne garantissent pas une prise en charge complète des coûts afférents à ces activités par l'État.
2. Responsabilité financière de l'État : L'article L. 211-8 du Code de l'éducation précise que l'État doit supporter certaines charges financières, mais il existe également des réserves et des exceptions qui permettent de différencier les types de dépenses éligibles. Cela implique que les dispositions qui régissent les coûts d'enseignement issus de l'inscription au conservatoire ne relèvent pas nécessairement de la prise en charge par l'État.
> "L'État a la charge : ... 3° De la rémunération du personnel exerçant dans les collèges, sous réserve des dispositions des articles L. 213-2-1 et L. 216-1." (Code de l'éducation - Article L. 211-8).
En conclusion, le Conseil d'État a déterminé que la question posée par la commune de Rouen ne remplissait pas les conditions nécessaires pour constituer une QPC soumise au Conseil constitutionnel, considérant notamment que les dispositions en question n'étaient pas en elles-mêmes contraires à la Constitution.