Résumé de la décision
La cour a annulé un arrêt de la cour administrative d'appel de Nancy du 26 janvier 2017, qui avait annulé la décision de l'inspecteur du travail autorisant la société C et K Components à licencier pour faute M. A..., un salarié protégé. Cette décision d'annulation était fondée sur le motif que la matérialité des menaces proférées par M. A... n'était pas établie. Cependant, la cour a jugé que M. A... avait effectivement reconnu avoir proféré des menaces, ce qui a conduit à la cassation de l'arrêt et au renvoi de l'affaire à la cour administrative d'appel de Nancy.
Arguments pertinents
1. Reconnaissance des actes incriminés : La cour a relevé que M. A... avait explicitement reconnu, dans un rapport établi le 16 septembre 2012, avoir déclaré à M. C..., trésorier du comité d'entreprise : "on va s'occuper de ton cas, on connaît ton adresse". Cette affirmation constitue une base suffisante pour établir la matérialité des menaces.
2. Dénaturation des éléments de preuve : La cour a souligné que la cour administrative d'appel avait dénaturé les faits en se basant sur le témoignage d'un seul témoin (M. C...) pour dévaluer la matérialité des menaces. Ce raisonnement a conduit à une erreur sur la valeur probante des éléments de preuve présentés.
3. Rejet des conclusions au titre de l'article L. 761-1 : Finalement, la cour a stipulé qu'il n'y avait pas lieu de mettre à la charge de la société C et K Components des frais d'avocat, car celle-ci n'était pas la partie perdante dans la présente instance. De plus, elle a également rejeté les demandes de M. A... au titre des frais.
Interprétations et citations légales
- Code du travail : En cette matière, la protection des salariés protégés lors des licenciements pour cause doit être strictement appliquée, mais en cas de fautes établies, cette protection peut être levée. L'article L. 1232-6 du Code du travail stipule que le licenciement d'un salarié protégé ne peut intervenir qu'après autorisation de l'inspection du travail.
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article prévoit qu'une partie peut demander le remboursement de ses frais engagés dans le cadre d'une procédure administrative. La cour a appliqué cet article en déterminant que "les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société C et K Components, qui n'est pas la partie perdante."
Ces éléments démontrent que les décisions administratives sont fondées sur une évaluation rigoureuse des faits et des comportements des parties, en garantissant que la protection des salariés reste un principe fondamental, mais qu'elle n'est pas absolue face à un comportement fautif.