Résumé de la décision :
La présente décision concerne une question prioritaire de constitutionnalité soulevée par la Confédération générale du travail - Force ouvrière (CGT-FO) relative au quatrième alinéa de l'article L. 1233-4 du Code du travail, qui permet à l'employeur de diffuser une liste de postes disponibles pour le reclassement lors d'un licenciement économique. Le Conseil d'État a décidé qu'il n'y a pas lieu de renvoyer cette question au Conseil constitutionnel, considérant que la disposition contestée ne porte pas atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution, en particulier au droit à l'emploi.
Arguments pertinents :
1. Applicabilité au litige :
La disposition contestée s'applique bien aux cas de licenciement économique, car elle définit les modalités de communication des offres de reclassement.
2. Respect des obligations de l'employeur :
Le Conseil d'État souligne que la faculté de l'employeur de diffuser une liste des postes disponibles affecte uniquement la méthode de communication, sans altérer l'obligation de mener une recherche sérieuse de reclassement.
Citation pertinente : « la faculté, offerte à l'employeur par ces dispositions, de faire connaître aux salariés les postes de reclassement disponibles par le moyen d'une liste diffusée à l'ensemble du personnel, n'affecte que les modalités selon lesquelles sont communiqués les résultats de la recherche qui incombe à l'employeur ».
3. Absence de caractère sérieux :
La question soulevée par la CGT-FO est rejetée, car elle n'est pas nouvelle et ne présente pas un caractère sérieux, ce qui empêche son renvoi au Conseil constitutionnel.
Citation pertinente : « la question soulevée par la CGT-FO, qui n'est pas nouvelle, ne présente pas un caractère sérieux ».
Interprétations et citations légales :
1. Interprétation de l'article L. 1233-4 :
Le Conseil d'État a examiné le quatrième alinéa de l'article L. 1233-4 du Code du travail, qui stipule : « L'employeur adresse de manière personnalisée les offres de reclassement à chaque salarié ou diffuse par tout moyen une liste des postes disponibles à l'ensemble des salariés ». Cette disposition a été interprétée comme permettant à l'employeur de choisir entre deux méthodes de communication, sans affecter son obligation de reclassement.
2. Article 61-1 de la Constitution :
Selon l'article 61-1 de la Constitution, « Lorsqu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit, le Conseil constitutionnel peut être saisi [...] ». Cependant, le Conseil d'État a affirmé que la disposition en question n'émanait pas d'une atteinte à ces droits.
3. Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 :
Le droit à l'emploi est garanti par le cinquième alinéa du Préambule de la Constitution de 1946. Le Conseil d'État a conclu que le dispositif contesté ne porte pas atteinte à cette garantie. Cette interprétation souligne un équilibre entre les droits des salariés et les prérogatives de l'employeur dans les procédures de licenciement.
En conséquence, la décision du Conseil d'État a renforcé la légitimité des mesures prévues par la loi tout en précisant les contours des obligations des employeurs dans le cadre de licenciements économiques.