Résumé de la décision
La décision concerne une demande présentée par l'Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (ACIPA) et le Collectif des élus doutant de la pertinence de l'aéroport (CéDpa). Ces requérants souhaitaient soulever une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) à l'égard de certaines dispositions législatives relatives aux procédures administratives de refus d'abrogation d'un décret d'utilité publique concernant le projet d'aéroport. Le Conseil d'État a décidé qu'il n'y avait pas lieu de renvoyer cette QPC au Conseil constitutionnel, en concluant que les dispositions contestées ne portaient pas atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution.
Arguments pertinents
1. Applicabilité de l'article 23-4: Le Conseil d'État note que les conditions nécessaires au renvoi d'une question prioritaire de constitutionnalité au Conseil constitutionnel, telles que définies par l'article 23-4 de l’ordonnance n° 58-1067, ne s'appliquent pas au litige actuel. Le Conseil précise que « les dispositions de l'article 23-4... ne sont, en tout état de cause, applicables ni au présent litige, ni à la procédure ».
2. Ecartement de la QPC: Le Conseil d'État conclut que le moyen tiré de l'article 23-4 n'est pas fondé et rejette la nécessité de renvoyer la question au Conseil constitutionnel. Il déclare que « sans qu'il soit besoin de renvoyer au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité invoquée, le moyen tiré de ce que l'article 23-4... doit être écarté ».
Interprétations et citations légales
1. Article 23-5 de l'ordonnance n° 58-1067 : Cet article stipule que le Conseil d'État peut soulever une QPC lorsque « une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution... à l'occasion d'une instance devant le Conseil d'État ». Ici, le Conseil précise que les conditions de recevabilité de la QPC n'étaient pas satisfaites, menant à la décision d'irrecevabilité.
2. Application de la compétence du Conseil d'État : En vertu de l'article R. 311-1 du Code de justice administrative, le Conseil d'État a compétence pour statuer « en premier et dernier ressort » sur le litige concernant le décret d'utilité publique. Cela renforce l'idée que les voies de recours étaient limitativement définies par la loi organique en vigueur.
En résumé, la décision souligne l'importance des procédures formelles et des conditions nécessaires à la validité des requêtes de QPC. Le raisonnement du Conseil d'État s'appuie sur des références précises aux articles législatifs en vigueur pour justifier sa position sur la question de la constitutionnalité et son refus de renvoi au Conseil constitutionnel.