Résumé de la décision
La décision concerne la requête du syndicat SNEP-FSU visant à annuler l'article 23 du décret n° 2019-50 du 31 janvier 2019, qui impose une durée minimale d'affectation de deux ans pour les conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation dans leur premier emploi. Le Conseil d'État a rejeté la demande d'annulation, considérant que le pouvoir réglementaire peut fixer une telle durée minimale sans violer les dispositions législatives existantes sur la fonction publique.
Arguments pertinents
1. Possibilité de réglementation : Le Conseil d'État a argué que l'article 60 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984, qui traite des affectations des fonctionnaires, ne nuit pas au droit du pouvoir réglementaire d'établir une durée minimale d'affectation. De plus, le décret prévoit la possibilité d'une dérogation pour des raisons personnelles ou d'intérêt de service, ce qui atténue la critique du syndicat.
- "Les dispositions citées ci-dessus de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 ne font pas obstacle à ce que le pouvoir règlementaire fixe une durée minimale d'affectation."
2. Droit à la mobilité : Concernant les articles 14 et 14 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 sur les droits et obligations des fonctionnaires, le Conseil d'État a précisé que ces dispositions garantissent le droit à la mobilité des fonctionnaires. Cependant, elles n'interdisent pas l'établissement d'une durée minimale de service effectif dans un corps.
- "Ces dispositions qui organisent le droit des fonctionnaires à la mobilité ne font pasObstacle à ce que les décrets portant statuts particuliers imposent une durée minimale de services effectifs."
Interprétations et citations légales
1. Loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 - Article 60 : Cet article stipule que les affectations des fonctionnaires doivent tenir compte de leur situation personnelle tout en assurant le bon fonctionnement du service. Le Conseil d'État a interprété qu'il ne limite pas la capacité du règlement d'établir des durées minimales, tant que cette mesure est compatible avec les nécessités du service.
2. Loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 - Articles 14 et 14 bis : Ces articles protègent le droit des fonctionnaires à se mouvoir au sein des différentes fonctions publiques, mais soulignent également qu'une administration peut imposer des conditions, y compris une durée minimale de services effectifs, pour préserver les intérêts du service.
- L'article 14 énonce que "l'accès des fonctionnaires de l'Etat, des fonctionnaires territoriaux et des fonctionnaires hospitaliers aux deux autres fonctions publiques... constituent des garanties fondamentales de leur carrière."
Conclusion
En conclusion, le Conseil d'État a jugé que le rejet de la requête du SNEP-FSU était justifié, car les textes législatifs appliqués n'interdisent pas l'imposition d'une durée minimale d'affectation, et des dérogations sont prévues, respectant ainsi la légalité. La décision souligne l'équilibre nécessaire entre la mobilité des fonctionnaires et les exigences de l'organisation des services publics.