Résumé de la décision
Dans cette affaire, le ministre des Armées a contesté la notification d'un arrêt rendu le 8 décembre 2017 par la cour administrative d'appel de Nantes. Il a soutenu ne pas avoir été informé correctement de la décision, en raison de l'absence d’un courrier électronique d’alerte. Le Conseil d'État, en examinant le dossier, a statué que la notification avait été faite conformément aux règles en vigueur, et que le ministre était réputé avoir reçu l'arrêt à l'expiration d'un délai de huit jours, soit le 16 décembre 2017. Le pourvoi du ministre, enregistré le 20 février 2018, a été déclaré irrecevable. En conséquence, l'État a été condamné à verser une somme de 2 000 euros à M.A. au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Notification dématérialisée : La Cour a affirmé que la notification d'une décision, telle qu'énoncée dans l'article R. 751-4-1 du code de justice administrative, peut être effectuée par voie numérique. Cela implique que les parties inscrites dans l'application informatique sont réputées avoir reçu notification à la date de première consultation.
> "Par dérogation ... la décision peut être notifiée par le moyen de l'application informatique ... Ces parties sont réputées avoir reçu la notification à la date de première consultation."
2. Importance de la consultation : Le Conseil a noté que le ministre n'a pas consulté l'application dans le délai imparti, ce qui a eu pour conséquence qu'il a été réputé avoir reçu correctement la notification.
> "Le ministre n'a pas consulté l'application dans un délai de huit jours ... par suite, ... il est réputé avoir reçu notification de l'arrêt à l'expiration de ce délai."
3. Irrecevabilité du pourvoi : Le pourvoi a été jugé irrecevable, car il a été enregistré après l'expiration du délai de deux mois imparti pour saisir le juge de cassation.
> "Le pourvoi du ministre a été enregistré au secrétariat ... le 20 février 2018, soit après l'expiration du délai franc de deux mois."
Interprétations et citations légales
L'affaire repose principalement sur l'interprétation de l'article R. 751-4-1 du code de justice administrative. Cet article stipule que la notification des décisions peut être réalisée via une application informatique, renforçant l'importance de la consultation active par les parties concernées.
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Code de justice administrative - Article R. 751-4-1 :
- Notification dématérialisée : Le texte indique que les parties inscrites sont réputées avoir reçu notification à la date de première consultation de la décision. En l’absence de consultation, celle-ci est considérée comme faite au terme d’un délai de huit jours.
- Alerte par message électronique : L'article précise que l'envoi d’un message électronique aux parties est une simple mesure d'information et ne remplace pas la nécessité de consulter l’application pour valider la notification.
> "L'envoi d'un message électronique ... n'est prévue ... qu'à titre d'information ...".
La décision illustre l'importance de la diligence des parties dans la consultation de l’application, ainsi que les conséquences d'une inaction sur le respect des délais de recours. Les parties doivent être conscientes que les notifications électroniques valent notification officielle au sens des dispositions juridiques en vigueur.