Résumé de la décision
La décision examinée concerne une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par M. A, qui contestait la conformité à la Constitution des dispositions relatives au statut de défenseur syndical introduites par la loi n° 2015-990 du 6 août 2015. Plus précisément, M. A. s'opposait à des articles du code du travail, notamment l'article L. 1453-6. Le Conseil d'État, après avoir analysé les dispositions en question, a rejeté la QPC en considérant que les arguments soulevés ne présentaient pas un caractère sérieux et n'étaient pas nouveaux, notamment en raison d'une décision antérieure du Conseil constitutionnel (n° 2017-623 QPC).
Arguments pertinents
1. Applicabilité et validité des dispositions contestées : Le Conseil d'État a rappelé que selon l'article 23-5 de l'ordonnance du 7 novembre 1958, une QPC ne peut être renvoyée que si les conditions d'applicabilité, de non-conformité antérieure et de nouveauté ou de sérieux sont remplies. En l'occurrence, la pertinence des dispositions n'a pas été contestée, puisque le Conseil constitutionnel avait déjà validé ces dispositions.
2. Monopole des avocats : Le Conseil a affirmé que la dérogation au monopole traditionnel des avocats sur l'assistance et la représentation en matière prud'homale vise à permettre à des professionnels qualifiés, désignés par des organisations syndicales, d'exercer cette fonction. Par conséquent, les dispositions législatives en question étaient en conformité avec la compétence du législateur. Le Conseil d'État a conclu que M. A. ne pouvait pas alléguer une méconnaissance du droit à un recours juridictionnel effectif.
3. Égalité devant les charges publiques : Concernant la question du remboursement par l'État des salaires maintenus pour les défenseurs syndicaux, le Conseil a constaté que cette mesure ne plaçait pas les avocats dans une situation désavantageuse par rapport aux défenseurs syndicaux, car leurs fonctions sont distinctes par nature et par cadre d'intervention.
Interprétations et citations légales
- Ordonnance du 7 novembre 1958 - Article 23-5 : Cet article définit les conditions dans lesquelles une QPC peut être soulevée devant le Conseil d'État. Il stipule que "le moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution peut être soulevé" à certaines conditions.
- Code du travail - Article L. 1453-6 : Ce texte précise que les absences des défenseurs syndicaux pour l'exercice de leur mission sont considérées comme du temps de travail effectif pour les congés payés et que leur rémunération est maintenue, le tout étant remboursé par l’État. Cette disposition a été considérée comme conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2017-623 QPC.
- Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 - Article 16 : Cet article garantit le droit à un recours juridictionnel effectif. Le Conseil a affirmé que la réglementation relative à la défense syndicale respectait cette garantie, car les conditions d'exercice étaient clairement définies et ne créaient pas de désavantage concurrentiel vis-à-vis des avocats.
En conclusion, le Conseil d'État a rejeté la QPC pour absence de caractère sérieux et pour conformité des dispositions en question avec la Constitution, établissant ainsi un cadre légal valide pour la défense syndicale.