Résumé de la décision
La décision concerne le litige entre l'OPH Gironde Habitat et la société Sud Contentieux suite à la résiliation d'un contrat de recouvrement de créances. L'OPH a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux d'ordonner à Sud Contentieux de lui restituer les dossiers de recouvrement et de communiquer l'état des sommes perçues depuis un certain date. La demande a été rejetée par le juge des référés, qui a considéré que le litige relevait de la compétence du juge judiciaire. Cependant, la décision a été annulée par la cour, qui a requalifié le contrat en tant que contrat administratif et a conclu que les mesures sollicitées par l'OPH étaient bien de la compétence de la juridiction administrative.
Arguments pertinents
1. Compétence juridique : Le juge des référés a conclu que le litige relevait de la compétence du juge judiciaire, étant donné que le contrat avait été conclu par une personne morale de droit privé (Gironde Habitat) avec une société de droit privé. Toutefois, la cour a relevé qu'en tant qu'office public d'aménagement et de construction, Gironde Habitat était soumis aux règles des marchés publics, rendant le contrat administratif. La cour a affirmé : « par suite, […] ce contrat avait un caractère administratif ».
2. Erreur de droit : La décision de rejet du juge des référés a été identifiée comme une erreur de droit en raison de l'application incorrecte des règles sur la qualification des contrats. La cour souligne que les mesures sollicitées n'étaient pas manifestement insusceptibles de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative, ce qui a conduit à l'annulation de l'ordonnance.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-3 du code de justice administrative : Cet article confère au juge des référés le pouvoir d'ordonner toutes mesures utiles en cas d'urgence, sans qu'il soit nécessaire d'avoir une décision administrative préalable. La cour a précisé que « les mesures ainsi sollicitées ne doivent pas être manifestement insusceptibles de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative ».
2. Loi nº 2001-1168 du 11 décembre 2001 : Selon cette loi, les marchés passés en application du code des marchés publics sont des contrats administratifs, ce qui a été un point crucial dans la requalification du contrat en question. L'interprétation de la cour, selon laquelle “ce contrat avait un caractère administratif” en vertu de cette loi, a été déterminante pour établir que le contentieux devait relever de la compétence du juge administratif.
3. Code de la construction et de l'habitation – Article R. 423-7 : Cet article stipule que les marchés passés par les offices publics d'aménagement et de construction sont soumis aux lois des marchés publics. Cette référence a été utilisée pour justifier que même si l'office avait un statut de droit privé, le contrat en litige devait être qualifié d'administratif.
Ainsi, l'analyse de la décision met en lumière des éléments fondamentaux sur la compétence des juridictions administratives en matière de contrats administratifs, en établissant les critères qui déterminent la qualification des contrats selon les dispositions réglementaires en vigueur.