Résumé de la décision
Dans cette affaire, le CROUS de Lyon a demandé au tribunal administratif de Lyon d'ordonner l'expulsion de M. B... A... de son logement dans la résidence des Quais. Le juge des référés a statué en faveur du CROUS par une ordonnance du 8 décembre 2016. M. A... a contesté cette ordonnance en faisant appel. Le Conseil d'État a rejeté son pourvoi, affirmant que la demande d'expulsion était justifiée et que le principe de la « trêve hivernale » ne s'appliquait pas à son cas. Par ailleurs, le Conseil d'État a également décidé que les frais d'avocat seraient à la charge de l'État, qui devait verser une somme de 4 000 euros à Me C... Bertrand, l'avocat de M. A....
Arguments pertinents
1. Sur l'irrecevabilité du pourvoi : Le juge des référés a examiné la demande d'expulsion en considérant que M. A... avait évacué les lieux et que la situation ne justifiait pas d'écarter le pourvoi. L'exception soulevée par le CROUS concernant l'absence d'objet du litige a été écartée : « l'exception soulevée en défense par le CROUS de Lyon [...] ne peut qu'être écartée ».
2. Sur la trêve hivernale : M. A... a soutenu que la décision d’expulsion était erronée du fait que le principe de la trêve hivernale ne permettait pas l'expulsion pendant la période en question. Cependant, le Conseil d'État a souligné que : « le principe de la trêve hivernale ne pouvait, en tout état de cause, trouver application [...] ce motif, qui est d'ordre public, doit être substitué à celui retenu par le juge des référés ».
3. Sur la justification de la demande d'expulsion : Le juge des référés a estimé que la demande d'expulsion était justifiée par l’irrégularité du paiement des loyers et l’absence d’accord pour le maintien de M. A... dans les lieux. Il a noté que : « la présence dans les lieux constituait un obstacle à l'accomplissement de la mission de service public de logement des étudiants dont est chargé le CROUS ».
Interprétations et citations légales
1. Application de la trêve hivernale : Selon le Code des procédures civiles d'exécution - Article L. 412-6, le sursis aux mesures d'expulsion s'applique seulement dans certaines conditions et ne s'oppose pas au prononcé d'une décision d'expulsion. Il stipule que même en période de trêve hivernale, le juge peut ordonner une expulsion, si le relogement n'est pas assuré. Cette interprétation est soutenue par l'affirmation que « les dispositions des articles L. 412-3 à L. 412-6 ne sont pas applicables aux occupants de locaux spécialement destinés aux logements d'étudiants [...] ».
2. Sur le caractère d'urgence de la demande d'expulsion : Les éléments considérés par le juge, tels que l'irrégularité des paiements et le manque de justificatif de M. A... concernant son besoin de rester dans son logement pour des raisons de santé ou de scolarité, soulignent que l’urgence de la situation justifie l’exécution de l’expulsion. Cela se matérialise par la citation : « le fait que sa présence dans les lieux constituait un obstacle à l'accomplissement de la mission de service public de logement des étudiants ».
3. Décision sur les frais d'avocat : Le Conseil d'État a condamné M. A... à payer les frais d'avocat, conformément aux dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, en tenant compte du fait que la demande de M. A... n'a pas été satisfaite.