Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. et Mme B..., gérant et principal associé d'une société polonaise, ont été imposés en France sur des revenus qu'ils estimait non distribués par leur société. L'administration fiscale a réintégré ces sommes dans leurs revenus imposables pour les années 2010 et 2011. Après un rejet de leur demande de décharge par le tribunal administratif, la cour administrative d'appel de Lyon a également rejeté leur appel. M. et Mme B... se pourvoient en cassation contre l'article 3 de cet arrêt. La décision de la haute juridiction a annulé cet article de l'arrêt de la cour d’appel, estimant qu'une erreur de droit avait été commise.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit dans l'évaluation des revenus distribués : La cour administrative d'appel a erronément considéré que les requérants ne fournissaient pas d'éléments pour contester le montant imposable des bénéfices. Or, elle a omis de prendre en compte le fait que le simple redressement pour imputation des bénéfices à un établissement stable en France ne signifie pas nécessairement une distribution de revenus.
> « Lorsque le redressement procède de l'imputation à un établissement stable situé en France... il ne saurait par lui-même révéler l'existence d'une distribution de revenus par cette société, au sens de l'article 109 précité du code général des impôts. »
2. Non-preuve de la distribution effective des revenus : La cour a également négligé que le statut du contribuable (ici, M. B. en tant que maître de l'affaire) ne confère pas à lui seul la présomption des distributions de revenus.
Interprétations et citations légales
- Interprétation de l’article 109 du Code général des impôts : Ce texte précise que les revenus distribués sont considérés comme tels seulement lorsque les bénéfices ne sont pas mis en réserve. Cela sous-entend que le simple fait d'imputer des bénéfices à un associé ne constitue pas une distribution.
> Code Général des Impôts - Article 109 : « Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital. »
- Interprétation de l’article 110 du Code général des impôts : Il clarifie que pour l’application de l’article 109, les bénéfices s’entendent comme ceux qui ont été retenus pour l’assiette de l'impôt sur les sociétés. Cela implique qu'une correcte évaluation des bénéfices est nécessaire pour déterminer s'une distribution a eu lieu.
> Code Général des Impôts - Article 110 : « Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés. »
Conclusion
La décision a établi que l'administration fiscale ne pouvait pas conclure à une distribution de revenus sur la seule base des montants reconnus par ses services, sans preuve formelle de leur distribution. L'annulation de l'article 3 de l'arrêt de la cour administrative d'appel souligne l'importance d'une évaluation précise et juste des dispositifs fiscaux, garantissant ainsi le respect des droits des contribuables.