Résumé de la décision
L'affaire porte sur une demande de sursis à l'exécution d'un arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille daté du 26 octobre 2018, qui a reconnu une parcelle de 320 m², aménagée en jardin, comme dépendance du domaine public maritime. Le demandeur, le syndicat des co-propriétaires de la villa Prinkipo, a estimé que l'exécution de cet arrêt entraînerait la destruction d'un jardin comprenant des yuccas centenaires, conséquence qualifiée de difficilement réparable en cas d'infirmation de la décision. La demande de mise à la charge de l'État d'une somme de 1 600 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative a été rejetée. La décision ordonne donc le sursis à l'exécution de l'arrêt de la cour administrative d'appel jusqu'à ce qu'il soit statué sur le pourvoi enregistré sous le n° 426520.
Arguments pertinents
1. Conséquences difficiles à réparer : Le tribunal a souligné que l'exécution de l'arrêt contesté entraînerait la destruction d'un jardin avec des végétaux centenaires, qui ne pourrait pas être réparé en cas d'infirmation ultérieure. "Ces conséquences ne peuvent qu'être regardées comme difficilement réparables."
2. Sérieux du moyen invoqué : Il a été déterminé que le moyen selon lequel la cour a commis une erreur de droit en qualifiant la parcelle de dépendance du domaine public maritime, était sérieux. Cela s’appuie sur le fait que la cour ne justifie pas suffisamment sa position sur la "configuration des lieux". "Le moyen tiré de ce, qu'en statuant ainsi, elle a insuffisamment motivé son arrêt, commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier paraît, en l'état de l'instruction, sérieux."
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article R. 821-5 : Cet article permet la suspension d'une décision juridictionnelle lorsque celle-ci risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et que les moyens invoqués semblent sérieux. Le tribunal a appliqué cette disposition dans son analyse, évoquant que "la formation de jugement peut, à la demande de l'auteur d'un pourvoi en cassation, 'ordonner qu'il soit sursis à l'exécution d'une décision juridictionnelle rendue en dernier ressort'".
2. Code général de la propriété des personnes publiques - Article L. 2111-4 : Cet article régit les dépendances du domaine public maritime. La cour avait initialement décidé que la parcelle désignée relevait de ce domaine, une décision qui a été contestée pour son manque de justification. "La cour administrative d'appel de Marseille s'est fondée sur 'la configuration des lieux', dont elle a déduit que le jardin ne pouvait 'qu'avoir été réalisé sur les lais et relais de la mer'." Cela a conduit à la demande de sursis, considérant que la base légale de cette décision pourrait être remise en question.
En somme, la décision met en lumière l'importance de l'analyse des conséquences d'une exécution judiciaire ainsi que la rigueur attendue dans la motivation des décisions administratives. Elle illustre l'équilibre entre la protection des intérêts publics et les droits des particuliers dans le cadre des procédures de justice administrative.