Résumé de la décision
La décision concerne l'annulation d'un arrêté du 10 mai 2017 qui fixait les modalités d'information des candidats à l'assurance emprunteur présentant un risque aggravé de santé, notamment en raison d'antécédents de cancer. Le tribunal a jugé que cet arrêté ne respectait pas les conditions énoncées dans la convention AERAS, qui précise que les candidats à l'assurance ne sont pas tenus de déclarer leurs anciennes pathologies cancéreuses sous certaines conditions. Par conséquent, l'arrêté a été annulé pour non-conformité aux dispositions légales, et l'État a été condamné à verser 3 000 euros à la Fédération française de l'assurance.
Arguments pertinents
1. Non-conformité à la convention AERAS : Le tribunal a déterminé que le document d'information fourni par l'arrêté ne mentionnait pas les conditions spécifiques (montant maximal du prêt, âge de l'emprunteur, durée de remboursement pour les prêts à consommation) sous lesquelles les candidats peuvent ne pas déclarer une ancienne pathologie cancéreuse. Ce manquement a été jugé défaillant par rapport aux exigences des dispositions de l'article L. 1141-5 du Code de la santé publique.
2. Droit des candidats à l'assurance : Le droit des candidats à l'assurance de ne pas déclarer une pathologie cancéreuse est conditionnel, ce qui montre l'importance de la conformité aux règles. La décision souligne : "en prévoyant au point 1.1 du document... que les personnes ayant été atteintes d'un cancer ne sont pas tenues de le déclarer... l'arrêté attaqué a méconnu les stipulations de la convention AERAS".
Interprétations et citations légales
1. Code de la santé publique - Article L. 1141-5 : Cet article énonce que les conventions nationales déterminent les modalités pour lesquelles les personnes ayant souffert d'une pathologie cancéreuse ne peuvent pas subit une majoration de tarifs ou exclusion de garanties en matière d'assurance. La pertinence de cette disposition réside dans sa fonction de protection des droits des assurés, en établissant des délais au-delà desquels les assureurs ne peuvent demander des informations médicales.
> "La convention nationale mentionnée à l'article L. 1141-2... détermine les modalités et les délais..."
2. Décret n° 2017-173 du 13 février 2017 - Article D. 1141-2 : Ce décret précise les responsabilités de l'instance de suivi pour établir un document d'information concernant les conditions où les candidats à l'assurance ne sont pas tenus de déclarer leurs antécédents. Le tribunal a fait référence à ce décret pour justifier l'attente d'un respect des normes établies dans la convention AERAS, stipulant que l'arrêté doit refléter ces conditions.
> "Les candidats à l'assurance sont informés... par décret de l'interdiction prévue au présent article."
3. Convention AERAS : Selon les stipulations de cette convention, le droit de ne pas déclarer une ancienne pathologie cancéreuse est soumis à des critères spécifiques, indiquant qu'il est essentiel que les documents légaux prennent en compte ces critères afin d'assurer une uniformité et clarté dans l'information fournie aux candidats à l'assurance.
La décision démontre ainsi l'importance de la rigueur légale et réglementaire dans le domaine de l'assurance, particulièrement pour les personnes avec un risque aggravé de santé. La non-conformité aux normes établies peut entraîner des conséquences significatives tant sur le plan juridique que sur la protection des droits des assurés.