Résumé de la décision
La société Tekimmo a demandé la suspension de l'exécution de certaines dispositions réglementaires relatives aux logiciels de diagnostic de performance énergétique, en raison de doutes sur leur légalité et d'une prétendue urgence. La ministre de la transition écologique a soutenu la légalité des actes contestés et a demandé le rejet de la requête. Après une audience publique, le juge des référés a rejeté la demande de Tekimmo, considérant que les documents contestés n'avaient pas d'effets notables sur les droits de la société et que les moyens soulevés n'étaient pas aptes à créer un doute sérieux quant à la légalité des actes.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité des conclusions : Le juge a soutenu que le document intitulé "GT éditeurs" n'était pas un acte faisant grief, n'ayant pas d'effet notoire sur les droits des éditeurs de logiciels. En effet, ce document ne donne que des informations pratiques et ne crée pas d'obligations juridiques. L'ordonnance précise que les conclusions tendant à la suspension de ce document sont irrecevables.
Citation pertinente : "Ce document ne présente pas le caractère d'un acte faisant grief et n'est donc pas susceptible de recours."
2. Légalité de l'arrêté contesté : Le juge a constaté que l'arrêté et les dispositions qui en découlent étaient conformes à la législation en vigueur, notamment aux habilitations données par la loi du 23 novembre 2018. Les critiques de Tekimmo sur la procédure d'autorisation n'ont pas suffi à établir un doute sérieux quant à la légalité.
Citation pertinente : "Ce moyen n'apparaît pas, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à sa légalité."
Interprétations et citations légales
1. Caractère non contraignant du document "GT éditeurs" : Le juge a interprété ce document comme n'ayant pas d'effet juridique contraignant sur les droits des éditeurs de logiciels, ce qui est essentiel pour établir la recevabilité d'une action en annulation.
- Code de justice administrative - Article L. 521-1 : Cet article permet la suspension d'une décision administrative lorsque l'urgence le justifie et qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité.
2. Légitimité de la procédure d'agrément des logiciels : L'arrêté en question a été jugé conforme à la législation, qui permet d'établir une procédure d'agrément. Le décret du 21 août 2019 mentionne spécifiquement cette procedure.
- Code de la construction et de l'habitation - Article L. 134-5 : Cet article stipule que la mise en œuvre du diagnostic de performance énergétique relève de décrets d'application qui peuvent régir des procédures d'agrément pour les logiciels.
3. Disproportion de la tarification : Le tribunal a également rejeté l'argument selon lequel la tarification de l'homologation était disproportionnée, soulignant que ce point n'était pas directement lié aux dispositions de l'arrêté controversé.
- Directive 2006/123/CE : La requérante faisait référence à cette directive, mais elle n'a pas été retenue comme étant applicable dans le cas présent, puisque la tarification n'est pas réglementée par l'arrêté contesté.
En conclusion, le juge a affirmé que la société Tekimmo n'a pas réussi à démontrer la légalité douteuse des actes administratifs en question, conduisant au rejet de sa requête.