Résumé de la décision :
L'association Les diagnostiqueurs indépendants (LDI) a demandé au juge des référés du Conseil d'État de suspendre l'exécution de deux arrêtés du 31 mars 2021 relatifs aux méthodes et procédures du diagnostic de performance énergétique, invoquant un manque de temps pour la formation des professionnels concernés et une atteinte aux principes de sécurité juridique. Les arrêtés devaient entrer en vigueur le 1er juillet 2021. Le juge des référés a rejeté cette demande, considérant que les arguments soulevés ne créaient pas de doute sérieux quant à la légalité des arrêtés, et a souligné que les mesures préparatoires avaient été mises en place à l'avance.
Arguments pertinents :
1. Absence de doute sérieux sur la légalité des arrêtés : L'association LDI prétendait que l'entrée en vigueur des arrêtés portait atteinte au principe de sécurité juridique, car les professionnels n'avaient pas eu le temps de se former. Cependant, le juge a noté que la date d'entrée en vigueur avait été annoncée depuis longtemps et que des mesures avaient été mises en place pour préparer les professionnels.
> "Il résulte de tout ce qui précède que les modalités d'établissement du nouveau diagnostic de performance énergétique [...] ont fait l'objet de mesures d'informations dès le mois d'avril 2021."
2. Justification du report de l'entrée en vigueur : Le juge a rappelé que la loi du 17 juin 2020 avait prévu un report de l'entrée en vigueur au 1er juillet 2021, en tenant compte de la crise sanitaire.
> "Cette loi avait initialement prévu l'entrée en vigueur de ce nouveau diagnostic le 1er janvier 2021."
3. Concertation et préparation : Le juge a également indiqué que des groupes de travail avaient été constitués dès 2019 et que plusieurs mesures avaient été prises pour garantir que les professionnels étaient au courant des nouvelles exigences.
> "Les services du ministère de la transition écologique ont formé, dès la fin de l'année 2019, avec les professionnels [...] des groupes de travail pour préparer la mise en place du nouveau dispositif."
Interprétations et citations légales :
1. Interprétation de l'article L. 521-1 du Code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner la suspension d'une décision administrative lorsqu'il y a un doute sérieux sur sa légalité et lorsqu'il existe une condition d'urgence. Dans cette affaire, bien que la requête ait été fondée sur cet article, le juge a constaté que les conditions n'étaient pas remplies.
> "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension [...] lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision."
2. Doctrine de la sécurité juridique : La demande de l'association mettait en avant le principe de sécurité juridique, qui exige notamment une prévisibilité des règles applicables. Toutefois, le juge des référés a relevé que les professionnels avaient été informés suffisamment à l'avance des exigences du nouveau diagnostic, ce qui rendait leur argumentation moins convaincante.
3. Analyse des dispositions transitoires : L'absence de dispositions transitoires dans les arrêtés n’a pas été jugée suffisante pour créer un doute sérieux sur leur légalité, étant donné le contexte et la préparation en amont.
> "Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la date d'entrée en vigueur des arrêtés contestés porterait atteinte au principe de sécurité juridique n'apparaît pas, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de ces arrêtés."
En conséquent, le juge a décidé de rejeter la requête de l'association LDI.