Résumé de la décision
M. A... H... a formé une requête en tierce opposition contre l'arrêt n° 15DA00356 du 21 juillet 2015 de la cour administrative d'appel de Douai, demandant la nullité de cet arrêt et l'annulation du jugement n° 1105446 du tribunal administratif de Lille, qui avait rejeté la requête de l'EURL C Bio. M. H... souhaitait également obtenir une réparation pour des préjudices subis durant des travaux publics. La cour a déclaré la requête de M. H... irrecevable, en soulignant qu’il représentait déjà l’EURL C Bio lors de l’instance litigieuse, et a rejeté les conclusions visant à la condamnation de la communauté d'agglomération de Lens-Liévin.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la tierce opposition :
La cour a statué que M. H... n'était pas recevable à former tierce opposition car il avait représenté l'EURL C Bio dans l'instance ayant abouti à la décision contestée. En effet, selon l'article R. 832-1 du code de justice administrative, une tierce opposition est ouverte à toute personne "ni elle ni ceux qu'elle représente n'ont été présents ou régulièrement appelés". M. H... n’a donc pas pu prétendre à un droit ponctuel qui aurait pu être lésé par la décision, car il a agi en qualité de gérant de la société.
> Citations pertinentes : "Toute personne peut former tierce opposition à une décision juridictionnelle qui préjudicie à ses droits".
2. Considérations sur le rôle de la caution :
M. H... a tenté de justifier sa requête en tant que caution de la société, mais la cour a refusé de reconnaître ce statut comme un motif légitime d'irrecevabilité, rappelant que le juge n'a pas l'obligation d'appeler la caution dans la cause. Cela met en lumière la limitation des droits des cautions dans ce type de litige.
> Citation pertinente : "Aucun texte législatif ou réglementaire, ni aucune règle générale de procédure ne fait obligation au juge d'appeler en la cause la caution du contribuable".
3. Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
La cour a indiqué que les conclusions visant à obtenir des frais au titre de cette disposition devaient être rejetées, car la partie requérante n'a pas réussi à établir son droit à une condamnation de l'autre partie. Cela souligne que la remise des frais juridiques est corrélée au succès dans l'instance.
> Citation pertinente : "Le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine".
Interprétations et citations légales
1. Interprétation de l'article R. 832-1 du code de justice administrative : Cet article précise les conditions dans lesquelles une tierce opposition peut être formée. La cour l’a interprété de manière stricte, limitant l'accès à cette voie procédurale à ceux qui n'ont pas été présents dans l'instance précédente. Cette interprétation renforce la sécurité juridique des décisions judiciaires, en évitant que des individus ne plaident après des décisions dans lesquelles ils étaient présents par l’intermédiaire de leurs représentants.
2. Application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : Concernant cet article, la cour rappelle que le principe d'établir une condamnation aux frais est subordonné à la perte de l'instance. Il existe donc une conditionnalité stricte quant à la répartition des frais en fonction des résultats du litige, évitant des contestations ultérieures des frais appelés.
> Citation directe : "Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation".
En conclusion, la cour a jugé la requête de M. H... sans fondement et a maintenu la décision antérieure, renforçant ainsi le cadre légal de l’instance administrative et son fonctionnement rigoureux.