Résumé de la décision
Par un arrêt rendu le 5 janvier 2016, la cour administrative d'appel a rejeté la requête de la commune de Roquebrune-sur-Argens, qui contestait un jugement du tribunal administratif de Toulon annulant un permis de construire modificatif délivré à la SCI EMVL. La cour a confirmé que l'annulation du permis de construire initial rendait illégal le permis modificatif, soulignant que l'arrêté en litige méconnaissait les dispositions de l'article L. 146-4-I et qu'il ne pouvait pas échapper à l'autorité de la chose jugée.
Arguments pertinents
1. Autorité de la chose jugée : La cour met en avant que l'annulation du permis de construire initial, prononcée par un jugement antérieur devenu définitif, constitue un obstacle à la validité du permis de construire modificatif. En effet, la cour affirme que :
> "cet arrêté, à défaut d'autoriser une extension de l'urbanisation en continuité d'une agglomération ou d'un village existant, méconnaissait les dispositions de l'article L. 146-4-I du code de l'urbanisme."
2. Absence de modifications des circonstances : La requête de la commune ne contestait pas les changements de fait ou de droit qui auraient pu justifier de réexaminer la situation. Le jugement antérieur étant définitif, il continue de régir la question :
> "d'ailleurs non invoquées en l'espèce, susceptibles de faire obstacle à l'autorité de la chose jugée."
3. Conséquences de l'annulation : La cour conclut que l'annulation du permis initial entraîne également l'illégalité du permis modificatif, affirmant que :
> "l'annulation prononcée par le jugement du 19 juillet 2012 [...] prive de base légale le permis modificatif délivré le 2 novembre 2011."
Interprétations et citations légales
- Code de l'urbanisme - Article L. 146-4-I : Cette disposition précise les conditions dans lesquelles un permis de construire peut être délivré, notamment concernant l'extension de l'urbanisation. La cour a constaté que le permis initial ne respectait pas ces conditions, ce qui a conduit à son annulation. La doctrine administrative et la jurisprudence dominant ce sujet témoignent de la rigueur avec laquelle ces critères doivent être appliqués pour préserver l'intégrité des zones urbanisées.
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Concernant la possibilité de demander une indemnité au titre des frais d'instance, la cour a rejeté les conclusions de la commune sur ce fondement pour les raisons suivantes :
> "les conclusions à fin de condamnation de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées."
Cette décision illustre comment le principe de l'autorité de la chose jugée en droit administratif peut avoir des implications significatives sur la validité des permis de construire, renforçant la nécessité pour les communes et autres entités de respecter le cadre légal pour l'urbanisme.