Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 12 novembre 2022 concernant l'appel interjeté par M. [K] [R], un ressortissant tunisien retenu au centre de rétention administrative de Mesnil Amelot 3. L'appel visait à contester une ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Meaux, qui avait prolongé la rétention de M. [K] pour une durée de 30 jours. La Cour a déclaré l'appel irrecevable, considérant qu'il était dénué d'arguments sérieux et qu'il ne respectait pas les exigences légales.
Arguments pertinents
La Cour a fondé sa décision sur plusieurs points clés :
1. Irrecevabilité de l'appel : La Cour a constaté que l'appel était manifestement irrecevable, car il ne contenait pas d'arguments réels et sérieux contre l'ordonnance contestée. Elle a souligné que les diligences de l'administration ne souffraient d'aucune critique.
2. Obstruction de l'intéressé : La Cour a noté que M. [K] avait systématiquement fait obstruction à la procédure, ayant refusé deux rendez-vous consulaires. Elle a affirmé qu'il ne pouvait pas se prévaloir de sa propre turpitude pour critiquer le travail de l'administration.
3. Absence d'obligation de bref délai : La Cour a rappelé que la procédure était introduite en vertu de l'article L742-4 2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce qui n'imposait pas d'obligation de démontrer la levée des obstacles dans un bref délai.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs articles du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article R. 743-11 : Cet article stipule que l'appel doit être formé par une déclaration motivée. En cas d'appel manifestement irrecevable, celui-ci peut être rejeté sans convocation préalable des parties. La Cour a appliqué cet article pour justifier le rejet de l'appel.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L 743-23 : Cet article permet le rejet d'un appel manifestement irrecevable sans convocation préalable. La Cour a estimé qu'il était d'une bonne administration de la justice de faire application de cet article dans le cas présent.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L742-4 2° : Cet article précise les conditions de prolongation de la rétention. La Cour a noté qu'il n'imposait pas d'obligation de démontrer la levée des obstacles dans un bref délai, ce qui a renforcé son argumentation sur l'irrecevabilité de l'appel.
En conclusion, la Cour d'appel a jugé que l'appel de M. [K] [R] était irrecevable en raison de l'absence d'arguments sérieux et de son comportement obstructif, tout en se fondant sur des dispositions légales précises pour justifier sa décision.