Résumé de la décision
La Cour d'Appel de Nîmes a examiné l'appel interjeté par M. [S] [D], un ressortissant algérien, contre l'ordonnance du Juge des Libertés et de la Détention qui avait prolongé sa rétention administrative. M. [S] [D] avait demandé la mainlevée de cette mesure en raison de problèmes de santé, mais la Cour a confirmé l'ordonnance initiale, considérant que son état de santé ne justifiait pas la cessation de la rétention. La décision a été rendue le 17 novembre 2022.
Arguments pertinents
1. État de santé : La Cour a noté que, bien que des séances de kinésithérapie aient été jugées nécessaires, le certificat médical ne faisait pas état d'une aggravation de l'état de santé de M. [S] [D] qui rendrait la rétention incompatible avec son état. La Cour a affirmé : « il n'est nullement fait état, aux termes du certificat médical susmentionné, d'une évolution, voire d'une aggravation de l'état de santé de l'intéressé rendant la mesure de rétention incompatible avec son état de santé. »
2. Antériorité de la pathologie : La pathologie invoquée par M. [S] [D] était antérieure à son placement en rétention, ce qui signifie qu'elle était déjà connue lors de la décision de rétention. La Cour a souligné que cet élément n'avait pas empêché le maintien de la mesure de rétention.
3. Absence de mesures alternatives : M. [S] [D] n'a pas proposé d'éléments justifiant une mesure alternative à la rétention qui garantirait sa représentation pour l'exécution de son éloignement. La Cour a conclu que « le motif invoqué ne saurait valablement s'opposer à la poursuite de la mesure de rétention. »
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs articles du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), notamment :
- CESEDA - Article L.741-1 : Cet article établit les principes généraux concernant la rétention administrative des étrangers.
- CESEDA - Article L.742-1 : Il précise les conditions dans lesquelles un étranger peut être placé en rétention, notamment en cas de risque de fuite.
- CESEDA - Article R.743-20 : Cet article rappelle que les intéressés peuvent former un pourvoi en cassation dans un délai de deux mois suivant la notification de la décision.
La Cour a également fait référence à l'article 66 de la Constitution du 4 octobre 1958, qui garantit le droit à la liberté et à la sécurité des personnes. En confirmant l'ordonnance du Juge des Libertés et de la Détention, la Cour a affirmé que les motifs avancés par M. [S] [D] n'étaient pas suffisants pour remettre en cause la légalité de la mesure de rétention, en se basant sur une appréciation rigoureuse des faits et des dispositions légales applicables.
En conclusion, la décision de la Cour d'Appel de Nîmes illustre l'importance de la prise en compte des éléments de santé dans le cadre des mesures de rétention, tout en soulignant que ces éléments doivent être suffisamment graves pour justifier une mainlevée de la mesure.