Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 24 juillet 2024 concernant l'appel interjeté par M. [F] [M], un ressortissant russe, contre une décision du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris. Ce dernier avait rejeté la contestation de la légalité de son placement en rétention administrative, ordonné la prolongation de cette rétention pour une durée maximale de vingt-six jours, et rejeté une demande d'assignation à résidence. La Cour a déclaré l'appel manifestement irrecevable et a rejeté la déclaration d'appel.
Arguments pertinents
1. Inopérance du premier moyen : La Cour a jugé que le premier moyen, qui contestait l'absence de motivation et d'examen personnel de la situation de M. [F] [M], était inopérant. En effet, le préfet n'est pas tenu de mentionner tous les éléments de la situation personnelle dans sa décision, tant que les motifs retenus sont suffisants. La Cour a souligné que les motifs tels que le refus de la qualité de réfugié, des antécédents de violence, et l'absence de documents d'identité justifiaient le placement en rétention.
> "le préfet n'étant pas tenu de faire état dans sa décision de tous les éléments de la situation personnelle de l'intéressé dès lors que les motifs positifs qu'il retient... suffisent à justifier le placement en rétention."
2. Absence de perspective d'éloignement : Les moyens relatifs à l'absence de perspective d'éloignement et à l'absence de menace pour l'ordre public ont été jugés sans emport à ce stade de la procédure, ce qui a conduit la Cour à ne pas les considérer comme pertinents.
3. Disproportion de la mesure : Le troisième moyen, qui évoquait une disproportion de la mesure de rétention, n'a pas été jugé pertinent non plus, la Cour notant qu'aucune mesure moins coercitive n'était applicable en l'absence de garanties de représentation.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs articles du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L 743-23 : Cet article permet de rejeter un appel manifestement irrecevable sans convocation préalable des parties. La Cour a appliqué cet article pour justifier le rejet de l'appel de M. [F] [M].
> "en cas d'appel manifestement irrecevable, celui-ci peut être rejeté sans convocation préalable des parties."
La Cour a également noté qu'aucune irrégularité n'affectait la légalité de la décision initiale et qu'aucune circonstance nouvelle n'était intervenue depuis le placement en rétention. Cela a renforcé la décision de maintenir la mesure de rétention.
En conclusion, la Cour d'appel a rejeté l'appel de M. [F] [M] en raison de l'absence de fondement juridique solide et a confirmé la légalité de son placement en rétention administrative.