Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans une décision du 7 février 2018, a rejeté le pourvoi formé par M. Pierre Y... et Mme Danièle Z..., contre un arrêt de la cour d'appel qui avait débouté les emprunteurs de leur demande de dommages et intérêts pour manquement au devoir d'information lors de la conclusion d'un prêt. Elle a également condamné M. et Mme Y... à payer à la Société Générale une somme de 5 854,67 euros, assortie d'intérêts.
Arguments pertinents
Les arguments principaux de la décision repose sur le délai de prescription concernant l'action des emprunteurs. La cour a constaté que l'action était prescrite conformément à l'article 2224 du Code civil. Elle a souligné que le contrat de prêt ayant été conclu le 25 novembre 1992, l'action des emprunteurs, fondée sur le défaut d'information, était tardive.
La cour a considéré que :
- "L'emprunteur dispose d'un délai de cinq ans pour agir contre son créancier" (Code civil - Article 2224) ;
- En l'occurrence, la prescription avait commencé à courir à la date de conclusion du contrat, ce qui a eu pour effet de priver les emprunteurs de leur recours.
Les moyens de M. et Mme Y... étaient jugés non fondés, notamment en raison du fait qu'aucune preuve n’établissait qu’ils aient pris conscience du dommage uniquement à partir de la déchéance du terme, prononcée le 3 juillet 2013, ni à la suite de la demande de paiement en janvier 2014.
Interprétations et citations légales
La cour a statué sur l'interprétation des articles suivants :
1. Code civil - Article 2224 : Cet article pose le principe du délai de prescription de cinq ans pour une action en responsabilité. Il souligne que le point de départ de cette prescription est crucial pour déterminer si une action est recevable.
2. Code civil - Article 2270-1 : Cet article précise que la prescription commence à courir lorsque la victime prend conscience du dommage. La cour a noté que cette prise de conscience n'était pas établie pour la date de conclusion du contrat, puisque les emprunteurs n'avaient pas été informés de leur préjudice à ce moment.
3. Code civil - Article 2244 : Ce texte stipule que les modifications apportées à la durée de prescription par la loi du 17 juin 2008 n'ont pas d'effet rétroactif. La cour a rejeté l'argument des emprunteurs quant à l'application de cette loi à leur situation, confirmant que la durée de prescription applicable correspondait à la date d'échéance de leur action.
La décision de la Cour de cassation illustre bien comment la prescription est un élément fondamental dans l'évaluation du droit d'agir, insistant sur le fait que les emprunteurs n'avaient pas su, ni pu, établir une base légale justifiant la recevabilité de leur action au-delà du délai imparti.