Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans son audience publique du 9 novembre 2022, a rejeté le pourvoi formé par MM. [U] [P] et [D] [P] contre l'arrêt de la cour d'appel de Versailles, qui avait condamné les pourvoyeurs à céder des actions à M. [B] [O] pour un prix déterminé et ordonné la transcription de ces cessions. Les demandeurs contestaient la validité des promesses unilatérales de cession d'actions, arguant que le prix convenu était dérisoire et que l'obligation de cession était sans cause.
Arguments pertinents
1. Sur le prix de cession : Les requérants soutenaient que le prix convenu pour la cession des actions était dérisoire, en affirmant que la cour d’appel n’avait pas correctement comparé ce prix à la valeur réelle des titres au moment de l’accord. La décision a rejeté cet argument, affirmant que le prix n’était pas dérisoire car il résultait de "critères objectifs convenus entre les parties".
2. Sur l'absence de cause : Concernant la nullité des promesses, les requérants affirmaient que l’absence de causalité était manifeste, étant donné qu'ils étaient salariés de l'entreprise avant d'entrer au capital et que leurs fonctions n'expliquaient pas la cession obligatoire des actions. La cour d’appel a simplement mentionné la cause évoquée dans l'acte sans vérifier sa réalité, ce qui a conduit les pourvoyeurs à revendiquer une erronée interprétation de leur obligation.
Interprétations et citations légales
1. Sur la détermination du prix : La cour a appliqué le principe selon lequel "le constat d'un prix sérieux suppose de comparer le prix convenu à la valeur réelle du bien cédé". L'article invoqué à ce sujet étant le Code civil - Article 1591, qui stipule que « le prix doit être déterminé ou déterminable ». La cour d’appel, en se fondant sur des critères objectifs, n’a pas jugé nécessaire d’examiner si la valeur réelle des titres était effectivement conforme avec le prix fixé au contrat.
2. Sur l'obligation sans cause : Selon le Code civil - Article 1131 ancien, "l'obligation sans cause ne peut avoir aucun effet". Les actions litigieuses ayant été prises dans un contexte où les requérants avaient déjà des fonctions, la cour d’appel aurait dû s’interroger non seulement sur la cause mentionnée, mais aussi sur la réalité de cette cause. La formulation de la décision montre que les juges ont statué sans examiner la causalité sous-jacente à la promesse de cession, ce qui aurait pu affecter la légitimité de l'obligation selon le droit des obligations.
Conclusion
La décision de la Cour de cassation s'inscrit dans un cadre où elle confirme la position de la cour d'appel sans entrer dans les détails des arguments de fond en vigueur, en considérant qu'ils n'étaient pas de nature à remettre en cause la décision précédente. Les textes de loi cités mettent en lumière la nécessité d'une évaluation rigoureuse de la valeur des biens en cas de cession, ainsi que l'importance de la cause dans la formation des contrats, soulignant ainsi l’applicabilité rigoureuse des principes du droit des contrats.